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#Financement #Transport #TransportFerroviaire #ALGERIE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 16 Avril 2026 à 05:56

Longtemps marginalisé au profit de la route, le rail revient au cœur de la stratégie nationale de mobilité en Algérie. Les nouveaux investissements engagés traduisent une volonté de mieux structurer les échanges intérieurs.

Les autorités algériennes poursuivent le développement du réseau ferroviaire national, avec le lancement de deux appels d’offres pour la construction d’une nouvelle ligne de 495 km reliant Laghouat, Ghardaïa et El-Meniaa. Piloté par l’Agence nationale d’études, de suivi et de réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif), ce projet structurant vise à renforcer le transport de marchandises et de passagers entre le nord et le centre du pays, tout en soutenant la dynamique économique des régions traversées.

Les appels d’offres concernent non seulement la réalisation de l’infrastructure ferroviaire, mais également l’acquisition du matériel roulant et divers travaux connexes. Le projet est scindé en deux lots. Le premier concerne la construction du tronçon Laghouat – Ghardaïa (265 km), qui comprendra 5 gares, 21 viaducs, 1 tunnel et 55 ouvrages hydrauliques. Le second porte sur la section Ghardaïa – El-Meniaa (230 km), avec 3 gares, 6 viaducs et 35 ouvrages supplémentaires.

A terme, la ligne permettra la circulation de trains de voyageurs à des vitesses pouvant atteindre 220 km/h, contre 160 km/h pour le fret. Un niveau de performance qui traduit l’ambition des autorités de moderniser le transport ferroviaire et de le positionner comme une alternative crédible au transport routier.

Le financement du projet mobilise plusieurs partenaires, notamment la Banque africaine de développement, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, ainsi que l’État algérien. L’initiative s’inscrit par ailleurs dans un programme d’investissement plus large estimé à près de 18 milliards USD, et destiné à étendre et moderniser le réseau ferroviaire national.

Au-delà de l’amélioration de la mobilité, il s’agit de favoriser un report modal, afin de désengorger les routes et de réduire les coûts logistiques, en particulier pour les filières agricoles et minières. A l’horizon 2030, l’Algérie ambitionne de porter à 15 000 km la longueur de son réseau ferré, contre 4722 km en 2023. Cette stratégie s’accompagne déjà de réalisations concrètes.

Le 1er février dernier, le pays a inauguré la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet. Il s’agit d’un axe clé destiné à soutenir l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, et à acheminer des volumes industriels de minerai vers les unités de transformation et les infrastructures portuaires, dans la perspective de positionner le pays comme un hub métallurgique régional.

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