La neuvième édition du salon Egypt Energy Show (EGYPES) s’est tenue au Caire du 30 mars au 1er avril, dans un contexte de contrainte énergétique et sur fond de tensions régionales, de perturbations des approvisionnements et de hausse des prix du pétrole et du GNL. Principal rendez-vous énergétique en Égypte, historiquement structuré autour des hydrocarbures et avec une forte portée régionale, l’événement a confirmé la centralité de la sécurité énergétique dans l’agenda des autorités égyptiennes, désormais étroitement liée aux équilibres géopolitiques, macroéconomiques et sociaux.
Inauguré par le Président Abdel Fattah Al-Sissi, le salon a permis de réaffirmer les priorités du gouvernement : apurement des arriérés dus aux compagnies internationales (en forte diminution depuis 2023, avec un objectif de règlement complet d’ici juin 2026, avec un versement à venir de 600 M USD en mai) et consolidation du positionnement de l’Égypte comme hub gazier régional.
Dans cette perspective, le partenariat avec Chypre, dont le Président Nikos Christodoulídis était l’invité d’honneur, s’est concrétisé par la signature d’un accord-cadre portant sur la liquéfaction en Égypte du gaz extrait au large de Chypre, en vue de sa réexportation (dont le gisement Cronos, exploité par ENI et TotalEnergies).
Le salon a par ailleurs rassemblé une forte présence internationale, dominée par les entreprises chinoises, du Golfe, américaines et italiennes. La présence française s’est distinguée avec plusieurs groupes de premier plan, dont TotalEnergies, Schneider Electric, Bureau Veritas, Axens et Technip Energies.
En marge du salon, une table ronde de haut niveau a réuni le Premier ministre Mostafa Madbouly, les principaux ministres concernés, les majors internationales (BP, ENI, Chevron, Apache, TAQA), ainsi que les bailleurs internationaux et le secteur bancaire.
Les autorités y ont réaffirmé la priorité donnée à la sécurisation de l’indépendance énergétique, dans un contexte de forte volatilité, en mobilisant l’ensemble des ressources disponibles — hydrocarbures et énergies renouvelables. La cible de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique a été réaffirmée, avec un objectif, annoncé par le Premier Ministre Madbouly, de l’atteindre dès 2028, contre 2030 auparavant.
Les échanges ont surtout mis en évidence un regain de confiance des investisseurs, soutenu par les progrès enregistrés dans le règlement des arriérés et la volonté des autorités de structurer un dialogue plus étroit avec le secteur privé.
Cette dynamique se traduit par une reprise des engagements dans l’exploration et la production : ENI prévoit 2 Mds USD d’investissements d’ici 2026, BP 1 Md USD, tandis qu’ExxonMobil, QatarEnergy et Chevron ont annoncé de nouvelles campagnes de forage. Ces annonces s’inscrivent dans le cadre du plan du ministère du Pétrole prévoyant 480 puits pour 5,7 Mds USD d’investissements, avec un objectif de production de 6,4 à 6,6 milliards de pieds cubes par jour à horizon cinq ans (contre 4,3 Mds en 2025).
Dans le même temps, les opérateurs ont appelé à une poursuite et un approfondissement des réformes structurelles.
Ils ont notamment insisté sur les rigidités administratives persistantes — en particulier les délais d’octroi des licences — et plaidé pour la mise en place d’un guichet unique ainsi qu’une simplification des procédures. La question de la prévisibilité du cadre de paiement reste également centrale, les entreprises soulignant la nécessité de garantir une discipline durable dans le traitement des arriérés afin d’éviter la reconstitution de cycles de dette pénalisant les investissements de long terme.
Enfin, la montée en puissance des énergies renouvelables fait émerger de nouveaux enjeux systémiques, en particulier en matière de capacités de stockage et de réseaux de transmission, indispensables à l’intégration des projets intermittents et au développement de filières comme l’hydrogène décarboné. Les autorités ont indiqué leur mobilisation sur ces sujets, en mettant en avant une ouverture accrue au secteur privé dans le développement des infrastructures.
Source Ambassade de France au Caire





















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