La Banque mondiale a annoncé, dans un communiqué publié le 10 avril, l’octroi d’un financement de 500 millions de dollars au Maroc, dans le cadre du premier prêt de politique de développement consacré à l’emploi et à la croissance verte. L’initiative cible jeunes et femmes. Elle vise à mieux aligner formation et marché du travail ainsi qu’à accompagner la transition énergétique du Maroc.
Ce programme, qui ouvre une série de trois opérations, vise à stimuler la création d’emplois en s’appuyant sur plusieurs leviers : la réforme des politiques de l’emploi, le renforcement des petites et moyennes entreprises (PME) et le développement d’investissements dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et l’industrie pharmaceutique tournée vers l’export.
L’initiative cible en priorité les jeunes et les femmes. Elle prévoit d’accompagner plus de 330 000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, tout en améliorant l’adéquation entre les systèmes de formation et les besoins du secteur privé. Elle ambitionne également de renforcer la participation des femmes au marché du travail, notamment à travers la création de plus de 40 000 places en structures d’accueil de la petite enfance et de 1200 emplois directs.
Sur le plan économique, le programme finance l’amélioration du climat des affaires, avec la modernisation du cadre d’insolvabilité, le renforcement des mécanismes de garantie de crédit pour les PME et la simplification des procédures d’investissement.
« Ces réformes s’attaquent à l’un des principaux obstacles à la création d’emplois au Maroc : la lenteur de l’émergence d’entreprises à forte croissance », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la division Maghreb et Malte à la Banque mondiale, soulignant que l’objectif est de créer un environnement favorable au développement des entreprises et à l’attraction d’investissements durables.
Les PME occupent une place centrale dans cette stratégie. Elles représentent plus de 98 % des entreprises et constituent la majorité des créations d’entreprises en 2024, selon l’Observatoire marocain de la TPME. Elles restent toutefois confrontées à des contraintes structurelles, notamment l’accès au financement, l’informalité et une productivité limitée, malgré les dispositifs publics visant à renforcer leur compétitivité.
Parallèlement, ce financement accompagne la transition énergétique du pays. Le Maroc cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles et envisage une sortie progressive du charbon d’ici 2040. Des projets structurants, tels que le complexe solaire Noor ou les parcs éoliens, s’inscrivent dans cette dynamique, avec le soutien de partenaires internationaux. Classé 6ᵉ du Climate Change Performance Index 2026, le pays figure parmi les meilleurs en matière d’atténuation climatique. Par ailleurs, en juillet 2025, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a consacré 64 millions de dollars au financement de PME vertes.





















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