Redevenue importatrice nette de gaz depuis 2024 après plusieurs années d’autosuffisance, l’Égypte accélère le développement de nouveaux gisements offshores pour contenir la pression sur son système énergétique.
Le ministère du Pétrole a annoncé le 4 mai la mise en production du champ Mina West au quatrième trimestre 2026. Situé en Méditerranée, ce projet est développé par Shell et Kuwait Foreign Petroleum Exploration Company (KUFPEC), en partenariat avec Rashid Petroleum.
Il devrait injecter environ 160 millions de pieds cubes de gaz par jour dans le réseau, via un raccordement aux infrastructures existantes. Le forage d’un second puits, Mina West-2, est en cours, après des résultats initiaux jugés solides.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de relance de l’exploration en eaux profondes. Les autorités et leurs partenaires déploient actuellement, pour la première fois dans le pays, des technologies comme la sismique 4D et les systèmes ocean bottom node (OBN). L’objectif est d’améliorer la qualité des données géologiques, de réduire les risques pour les investisseurs et d’accélérer l’identification de ressources situées à grande profondeur.
Cette accélération répond à un déséquilibre structurel avec le déclin du champ de Zohr, pilier de la production nationale, qui a fragilisé l’approvisionnement. Sa production est en effet passée d’environ 2,7 milliards de pieds cubes par jour en 2022 à près de 1,9 milliard en 2024. Or, le gaz naturel représente environ 52 % du mix énergétique du pays, ce qui amplifie l’impact de cette baisse sur l’ensemble de l’économie.
Dans ce contexte, Le Caire multiplie les campagnes de forage pour renforcer ses capacités à moyen terme. L’année 2026 est marquée par une intensification des activités, avec plusieurs projets en Méditerranée, dont un programme de quatre puits adossés à des infrastructures existantes.
Au-delà de Mina West, la trajectoire repose sur l’enchaînement rapide de nouveaux développements. Rashid Petroleum prévoit ainsi d’investir 350 millions de dollars à partir de 2027 pour forer trois puits supplémentaires, tandis que les travaux autour de la découverte Sirius avancent.
La capacité de l’Égypte à retrouver une position d’équilibre dépendra de la concrétisation de ces projets, dans un contexte de demande soutenue et de concurrence accrue pour attirer les capitaux nécessaires au développement des ressources gazières en mer.





















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