En 2023, la NOC a remporté en appel son litige contre Trasta Energy concernant l’exploitation de la raffinerie de Ras Lanuf, après une décision arbitrale déjà favorable. Leur partenariat est toutefois resté en vigueur.
La Libye vient de tourner une page de son histoire industrielle. La National Oil Corporation (NOC) et le groupe Trasta Energy ont officialisé, mardi 12 mai, la signature d’un accord mettant fin à leur partenariat dans la Libyan Emirates Oil Refining Company (Lerco), l’entité qui exploitait la raffinerie de Ras Lanuf d’une capacité de 220 000 b/j.
En vertu de cet accord, toutes les parts détenues dans Lerco par Trasta, filiale du groupe Al Ghurair, conglomérat basé aux Émirats arabes unis (EAU), à savoir 50 % sont rétrocédées à la compagnie publique du pétrole de Libye. Ainsi, le complexe de Ras Lanuf revient entièrement sous contrôle total de l’État libyen.
Le président de la NOC, Masoud Suleman, qui a signé l’accord, a souligné que cette issue ouvre la voie à la restructuration et à l’exploitation du complexe de Ras Lanuf sous gestion exclusivement libyenne. Une étape qu’il a qualifiée de jalon significatif pour la souveraineté du pays sur ses ressources stratégiques.
Treize ans pour solder un contentieux d’un milliard de dollars
Pour comprendre la portée de cet accord, il faut remonter à 2009. Cette année-là, Trasta Energy investit 175 millions de dollars dans LERCO pour exploiter la raffinerie de Ras Lanuf, en contrepartie d’un engagement de la NOC à approvisionner régulièrement l’installation en pétrole brut.
Mais après le renversement du régime Kadhafi en 2011, la NOC cesse d’honorer cet engagement. Privée de matière première, LERCO déclara la force majeure et la raffinerie s’arrêta complètement de fonctionner, non pour des raisons techniques ou sécuritaires, mais en raison de ce seul bras de fer contractuel, rapporte le site Profile News.
C’est dans ce contexte que Trasta et LERCO engagent fin 2013 des procédures d’arbitrage contre la NOC devant la Cour internationale de la Chambre de commerce internationale à Paris. Il est alors réclamé à l’entreprise publique des dommages-intérêts dépassant le milliard de dollars au total, selon Oil & Gas Middle East.
Un bras de fer remporté par la NOC
Dès 2017 et 2018, la NOC avait remporté ces batailles juridiques. Le tribunal arbitral avait rejeté l’intégralité des demandes de LERCO, estimées à 812 millions de dollars, et accordé à la NOC des compensations d’environ 116 millions de dollars. Trasta Energy avait de son côté été contrainte de retirer ses propres réclamations, qui dépassaient 100 millions de dollars.
Mais, malgré ces victoires juridiques, le partenariat n’avait jamais été formellement dissous. Une situation qui a laissé le sort du complexe dans un flou juridique et opérationnel ayant pesé sur sa gestion et son exploitation pendant plus d’une décennie.
L’accord trouvé referme définitivement ce dossier. Il intervient alors que des signes de redressement du complexe étaient déjà visibles. En janvier 2025, la deuxième ligne de production de l’usine de polyéthylène de Ras Lanuf avait redémarré après douze ans d’arrêt.
En octobre 2025, des travaux de remise en service de l’usine d’éthylène avaient été engagés par des équipes techniques locales. La reprise du contrôle total par la NOC ouvre désormais la voie à une réhabilitation complète du complexe dans un contexte où les autorités souhaitent augmenter les capacités de raffinage de près de 75 % en passant de 380 000 b/j à 660 000 b/j.
En janvier 2026, un plan a été annoncé pour y parvenir. Il prévoit la réhabilitation de plusieurs raffineries existantes, comme celle de Ras Lanuf, mais aussi la construction de nouvelles raffineries, notamment dans le sud du pays.
























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