En France, une part importante des exportations de produits agricoles et agroalimentaires est dirigée en dehors de l’Union européenne. Les pays africains font partie des clients qui comptent pour les acteurs tricolores.
En 2025, l’Afrique du Nord a perdu son rang de première destination des exportations de produits agricoles français sur le continent au profit de l’Afrique subsaharienne (ASS).
Selon un rapport publié le 3 juin dernier par le ministère de l’Agriculture et l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer français (France Agrimer), l’Afrique du Nord a importé pour 1,9 milliard € (2,2 milliards $) de produits, soit une baisse de 13 % d’une année sur l’autre.
Pendant ce temps, l’enveloppe consacrée par les pays au sud du Sahara a grimpé de 2 % à 2,2 milliards €. Il s’agit seulement de la deuxième fois depuis 2009 qu’un tel basculement intervient, après celui observé en 2023.
Avec cette performance, l’ASS devient la 4e zone d’exportation mondiale pour l’agriculture française (contre une 6e place en 2024) derrière l’Amérique du Nord, l’Asie du Nord et l’Asie de l’Est & l’Océanie.
Le Maroc s’affirme, les nuages continuent de s’accumuler en Algérie
Pour l’essentiel, c’est à l’Algérie que les acteurs tricolores doivent leur mauvais résultat régional. Et pour cause, en 2025, les ventes de blé tendre vers cette destination ont été nulles, contre une moyenne d’environ 2 millions de tonnes entre 2020 et 2024. Ceci dans un contexte de tensions politiques entre les deux pays et de préférence accrue pour d’autres origines de la mer Noire, comme la Russie. Cette morosité dans la filière céréalière a également touché les industriels du secteur laitier.
« Alors qu’entre 2020 et 2024, cette destination absorbait plus de 15 % des volumes français de poudre de lait écrémé à destination des pays tiers, en 2025, les volumes à destination de ce pays ont été quasiment nuls. Ils représentaient encore près de 60 millions d’euros en 2024 », souligne le rapport.
Au total, le pays le plus vaste d’Afrique aura acheté pour 215 millions € de produits agricoles français, soit 12 % de moins qu’un an plus tôt.
A contrario, au Maroc, les exportations agricoles françaises ont continué à progresser en 2025. Dans le Royaume chérifien, les acteurs de l’Hexagone ont profité des conséquences de la sécheresse pour accroître des ventes de blé d’environ 27 % et tripler la valeur de leurs expéditions d’orge.
Le pays a importé pour 1,2 milliard € de produits agricoles français, 8 % de plus qu’en 2024 confirmant une nouvel fois son rang de premier partenaire nord-africain de l’agriculture française.
La Côte d’Ivoire, premier débouché au sud du Sahara
Comme sur ces dernières années, la Côte d’Ivoire a été la destination phare pour les exportations françaises de produits agricoles, agroalimentaires, de bois et de biodiesel vers l’Afrique subsaharienne.
La première économie de l’UEMOA a augmenté de 13 % à 509 millions € ses achats soit environ 24 % de l’ensemble de la facture d’importation de la zone. Dans les détails, le pays a importé plus de 540 000 tonnes de céréales en provenance de France pour une valeur de 153 millions € en 2025 contre 382 000 tonnes valorisé à 140 millions € en 2024.
« La France conserve sa place de premier fournisseur de laits et produits laitiers de la Côte d’Ivoire en 2025, avec 26,3 % de part de marché (contre 34,7 % en 2024). Elle est néanmoins rattrapée par la Nouvelle-Zélande qui passe d’une part de 13,8 % en 2024 à 25,5 % en 2025 », indique le rapport.
Le pays est suivi par le Sénégal qui a dédié 264 millions € aux achats de produits agricoles français en 2025. Par ailleurs, les pays d’Afrique australe ont importé pour 642 millions € de produits agricoles français, selon les données d’Agrimer avec comme principales destinations l’Afrique du Sud, Maurice et Madagascar.
























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