Selon la Banque mondiale, les phénomènes liés au changement climatique constituent une menace croissante pour les populations, les infrastructures et l’économie dans son ensemble. Ils représentent également un risque important pour la stabilité et la résilience du secteur bancaire.
La Banque mondiale a approuvé un financement de 400 millions $ dans le cadre du Programme de financement climatique et de gestion des risques au Maroc.
Selon un communiqué de l’institution publié vendredi 12 juin, le programme prévoit de renforcer la résilience financière du Maroc face aux risques climatiques, aux catastrophes naturelles et aux cyberrisques. Il contribuera aussi à mobiliser des capitaux privés pour le développement des infrastructures climatiques du pays.
« Pour atteindre ces objectifs, le programme développera des mécanismes d’assurance […] afin d’accroître les capacités de transfert des risques. Il consolidera également les cadres institutionnels, les infrastructures de paiement numérique pour accélérer les flux financiers après les chocs et développera les capacités des autorités de régulation financière à superviser les risques climatiques et cybernétiques auxquels sont exposés les banques et les compagnies d’assurance », indique le communiqué.
Par ailleurs, il instaurera une Facilité de préparation de projets pour développer un portefeuille de projets viables dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le transport durable et les infrastructures hydrauliques.
« Au cours des cinq prochaines années, le programme vise à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de capitaux privés, à obtenir 1 milliard de dollars de financement préétabli en cas de catastrophe et à étendre la couverture des risques cybernétiques à au moins 20 institutions financières », précise la Banque mondiale.
Exposé au stress hydrique, le Maroc est affecté par le changement climatique, marqué par des sécheresses récurrentes, une diminution des précipitations et une hausse constante des températures.
Une étude publiée par la Banque mondiale en 2024 souligne que le dérèglement climatique pourrait amplifier considérablement les pertes financières liées aux sécheresses et aux inondations. Plus d’un tiers des portefeuilles de crédit des banques marocaines sont particulièrement exposés aux risques climatiques physiques, en raison des prêts accordés aux secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme, ainsi qu’aux ménages vivant dans des zones vulnérables.
Selon différents scénarios de sécheresse, les pertes économiques pourraient atteindre entre 4,2 et 7 milliards de dollars. Cela entraînerait une baisse du PIB comprise entre 1,8 et 3,5 points de pourcentage et réduirait la solidité financière des banques de 1,3 à 2,2 %.
L’étude précise également que la disponibilité limitée des données et les méthodes de calcul retenues réduisent la précision des évaluations, qui demeurent exploratoires et susceptibles d’être ajustées à mesure que la compréhension des risques climatiques progresse.
Face à cette situation, les banques doivent désormais intégrer les enjeux climatiques dans leur gestion des risques et leur gouvernance afin de renforcer leur résilience et de contribuer à la transition vers une économie durable.
























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