Alors que la Côte d’Ivoire veut accroître ses capacités de production et moderniser ses réseaux, l’Algérie cherche à faire de son expertise énergétique un puissant levier de coopération sur le continent.
La Côte d’Ivoire et l’Algérie renforcent leur coopération énergétique. Mardi 30 juin à Abidjan, le gouvernement ivoirien a annoncé la signature d’un accord-cadre de coopération dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables. Le document a été paraphé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue algérien, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables.
Renforcer les capacités électriques ivoiriennes
Selon les autorités ivoiriennes, le partenariat prévoit des actions immédiates, dont un appui au renforcement de la capacité de production nationale avec des groupes mobiles représentant une capacité de 100 MW. Il porte aussi sur la modernisation des réseaux de transport et de distribution, avec la construction de lignes de 225 kV et 400 kV, ainsi que la fourniture de matériels critiques.
À moyen et long termes, les deux pays envisagent l’acquisition d’unités de production fabriquées en Algérie pour un projet de centrale de 1 500 MW. Le communiqué ne précise pas la technologie retenue, le coût, le financement, ni le calendrier de réalisation.
L’accès universel à l’électricité en ligne de mire
« Cet accord de coopération n’est pas une simple formalité diplomatique », a déclaré Mamadou Sangafowa-Coulibaly, estimant qu’il doit apporter « une réponse directe, immédiate et stratégique aux défis opérationnels actuels » du réseau ivoirien.
Pour Abidjan, ce partenariat intervient alors que le pays ambitionne d’étendre l’accès à l’électricité à environ 17 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030. Les autorités souhaitent faire passer le taux d’accès national (taux de desserte) à 100 %, contre 64 % fin 2023, et augmenter la part des énergies renouvelables à 45 % dans le mix électrique, selon le « Pacte National Énergie » publié en janvier 2025.
Les autorités ivoiriennes s’inscrivent ainsi dans une dynamique où la stratégie africaine de l’Algérie, plus offensive, fait de son expertise énergétique un levier diplomatique et industriel. La portée réelle de l’accord dépendra toutefois des contrats d’exécution qui suivront. L’exemple du Niger, où Sonelgaz-International a livré en 2026 une centrale de 40 MW en moins de 4 mois, envoie un signal positif. Le projet ivoirien reste toutefois d’une tout autre échelle.
























Réagissez à cet article