Face à la persistance de la sécheresse et à l’augmentation des besoins en eau, le Maroc multiplie les investissements pour renforcer la résilience de son secteur hydrique. Le financement de la BERD intervient dans le cadre d’une stratégie combinant modernisation des réseaux et développement du dessalement.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé, le 29 juillet, l’octroi d’un prêt de 250 millions d’euros (288,1 millions $) à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) du Maroc, assorti d’une subvention d’investissement de 5 millions d’euros (5,7 millions $).
Le financement comprend une première tranche engagée de 120 millions d’euros et une seconde tranche non engagée de 130 millions d’euros. Il servira à moderniser les infrastructures de production d’eau, à réduire les pertes sur les réseaux, à réhabiliter et à étendre des installations stratégiques, tout en renforçant la résilience du secteur face aux effets du changement climatique.
Cette opération constitue la première intervention de la BERD au Maroc profitant d’une garantie de Tamwilcom, l’institution nationale de garantie. Elle concrétise le partenariat conclu entre les deux institutions afin de faciliter la mobilisation de financements en faveur des infrastructures durables.
Le dessalement au cœur de la stratégie hydrique
Le Maroc est confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau, sous l’effet combiné du changement climatique, de la hausse de la demande, de la faiblesse des précipitations et de la persistance de la sécheresse. Pour renforcer sa résilience, le gouvernement a engagé plusieurs projets structurants, notamment la construction de barrages, le développement des interconnexions hydrauliques, la réutilisation des eaux usées traitées et la réduction des pertes dans les réseaux d’eau potable et d’irrigation.
Le dessalement de l’eau de mer constitue également un pilier de cette stratégie. Les autorités ambitionnent de couvrir plus de 50 % des besoins nationaux en eau potable grâce à cette technologie d’ici à 2030, tout en sécurisant l’irrigation de vastes zones agricoles afin de soutenir la production alimentaire.
Dans cette dynamique, l’ONEE prévoit de mobiliser 42,1 milliards de dirhams pour le secteur de l’eau potable dans le cadre de son plan d’équipement 2026-2030. À l’issue de ce programme, la capacité annuelle de dessalement destinée à l’eau potable devrait dépasser 1,3 milliard de m³, ce qui permettrait de couvrir 63 % des besoins du pays, contre 13 % en 2025 et moins de 8 % en 2023.
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