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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 14 Septembre 2026 à 11:38

Les relations entre Alger et Abou Dhabi se sont progressivement dégradées ces dernières années, sur fond de divergences concernant plusieurs crises régionales. La rupture diplomatique annoncée par l’Algérie intervient après plusieurs mois de tensions, alors que le président Abdelmadjid Tebboune avait publiquement dénoncé les agissements d’un État qu’il n’avait pas nommé.

« Après avoir épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales, le gouvernement algérien a pris, ce jour, la décision de procéder à la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis », indique un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères publié jeudi 10 septembre 2026.

Alger motive cette décision par « la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles » de la part des Émirats arabes unis. Selon le communiqué, l’Algérie affirme avoir « fait montre d’une grande retenue et d’un sens élevé des responsabilités » et avoir, à plusieurs reprises, mis Abou Dhabi en garde contre « les graves conséquences de leur comportement regrettable et injustifiable ».

Le gouvernement algérien estime également qu’« en dépit de ces nombreuses mises en garde, les Émirats arabes unis ont persisté dans leurs agissements », lesquels auraient « atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans le cadre de relations entre deux États souverains et ne sauraient rester sans réponse ».

L’ambassadeur des Émirats arabes unis a été reçu le 10 septembre au ministère algérien des Affaires étrangères, où la décision lui a été « formellement notifiée ». Il s’est vu accorder un délai de 48 heures « pour se conformer à cette décision ».

Plusieurs années de tensions

La rupture intervient après plusieurs années de dégradation des relations entre Alger et Abou Dhabi. Les deux pays affichent notamment des divergences sur plusieurs dossiers régionaux, tandis qu’Alger accuse depuis plusieurs années les Émirats d’ingérence dans les affaires de plusieurs pays de la région.

Lors d’une interview accordée en juillet dernier à des médias nationaux, le président algérien Abdelmadjid Tebboune (photo) avait déjà dénoncé les agissements d’un État qu’il n’avait pas nommé explicitement. « Nous avons des preuves », avait-il déclaré, ajoutant que l’Algérie souhaitait que cet État « s’éloigne ». À cette occasion, le chef de l’Etat avait expliqué qu’une rupture n’était pas alors souhaitable compte tenu du contexte régional. « Sinon, cela fait longtemps que nous aurions rompu nos relations avec ce micro-État », avait-il laissé entendre.

Les divergences portent notamment sur les positions des deux pays concernant la normalisation avec Israël et le conflit du Sahara occidental. Elles s’étendent également à leurs politiques respectives au Sahel et dans d’autres dossiers régionaux.

Abou Dhabi espère une décision temporaire

En réponse à la décision algérienne, le ministère émirati des Affaires étrangères a déclaré que les Émirats espéraient qu’elle serait « temporaire, de manière à préserver les liens fraternels entre les deux peuples ». Abou Dhabi a également réaffirmé son attachement à ses relations avec l’ensemble des pays et sa volonté de préserver les liens avec le peuple algérien.

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