Après une période de fortes tensions, Bamako et Alger renouent progressivement le dialogue et multiplient les échanges de haut niveau. Cette dynamique s’accompagne d’une relance de la coopération bilatérale dans plusieurs domaines, notamment l’énergie, l’agriculture et la sécurité.
Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a effectué une visite officielle à Bamako le 14 septembre, visant à revitaliser les relations bilatérales.
« Après cette période de froid, les relations […] connaissent un nouveau souffle. La coopération algéro-malienne s’oriente vers une nouvelle dynamique, reflétant l’attachement des deux pays frères à bâtir un partenariat fondé sur des bases solides et bénéfiques aux deux peuples »,souligne le gouvernement malien
Le Mali met en avant ses opportunités d’investissement
M. Ghrieb a eu une séance de travail avec son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, consacrée au renforcement du dialogue direct et au développement des investissements. Lors de cette rencontre, Ibrahim Ahamadou Touré, directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali (API) a présenté les opportunités offertes par le pays, notamment dans l’or, le lithium, le riz, le coton, les services financiers, l’élevage et les agro-industries. De son côté, le directeur général de l’Agence pour la promotion des exportations du Mali (Apex), Massoudou Cissé, a mis en avant le potentiel à l’exportation du pays, notamment la mangue, le sésame et l’anacarde.
La coopération envisagée couvre également les infrastructures de transport et le secteur énergétique. Les discussions ont porté sur la route transsaharienne et les perspectives de coopération avec Air Algérie, ainsi que sur le déficit énergétique auquel le Mali reste confronté. Sifi Ghrieb a également été reçu par le chef de l’État malien, Assimi Goïta, avec qui il a réaffirmé la volonté des deux pays d’approfondir leur coopération bilatérale.
Un rapprochement après deux années de tensions
Cette visite s’inscrit dans le prolongement de celle effectuée trois semaines plus tôt par le Premier ministre malien à Alger. Le 24 août, Abdoulaye Maïga avait rencontré le président Abdelmadjid Tebboune et lui avait transmis un message du président malien.
La succession de ces échanges traduit, selon M. Ghrieb, « la forte volonté politique partagée par les deux chefs d’État de consolider leurs relations de solidarité et de coopération bilatérale ». Il a également indiqué que les préparatifs de la prochaine visite du président Goïta en Algérie étaient en cours. Les discussions ont par ailleurs porté sur les défis sécuritaires régionaux.
Ce rapprochement fait suite à une période de dégradation des relations à partir de 2023-2024. Des désaccords avaient émergé autour de la gestion de la situation dans le nord du Mali. Au cœur du différend se trouvait l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali de 2015, négocié sous la médiation d’Alger. Pour Bamako, il ne correspondait plus aux réalités du terrain et ne répondait plus aux intérêts du pays.
Le point de rupture est intervenu fin mars-début avril 2025, lorsqu’un drone militaire malien a été abattu par l’armée algérienne près de la frontière. Alger affirmait que l’appareil avait pénétré dans son espace aérien. Une version contestée par Bamako. L’affaire a provoqué une crise diplomatique majeure, avec le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et une forte dégradation du dialogue.
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