Cinq ans après
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Yoann Hervey
jeudi 11 février 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 11 Février 2016 à 08:33

Tourisme inexistant, balance commerciale fortement déficitaire, l’économie de l’Egypte, cinq ans après la révolution du 25 janvier 2011 demeure toujours instable malgré deux plans de relance mis en place.

Il y a cinq ans jour pour jour – le 11 février 2011 – le pouvoir égyptien était transféré à l’armée suite à la démission d’Hosni Moubarak au pouvoir depuis trente ans.

La transition politique ouvrait la voie aux premières élections démocratiques du pays. Un meilleur avenir social, sociétal et économique s’esquissait. Aujourd’hui, pour beaucoup d’égyptiens, la désillusion est grande. A l’autoritarisme du régime et à la menace terroriste se couple une difficile reprise de l’économie.   

Un timide redémarrage de l’économie

Après les événements de 2011, la croissance égyptienne s’est effondrée pour lentement repartir : de 1,8% en 2011, elle est passée à 2,3% en 2014. Aujourd’hui tous les indicateurs sont au verts : 3,3% en 2015 et une perspective de 6% pour les années à venir.

Mais des mesures doivent être prise pour rééquilibrer la balance commerciale du pays : la Banque centrale et le ministère des Finances devront réduire les importations de 20 %à 25 % et inciter l’Egypte à fabriquer elle-même certains produits comme le textile, les produits laitiers et les réfrigérateurs. Et, qui sait, peut-être un jour parvenir à les exporter.  

Ces bons chiffres de la croissance ne suffiront pourtant pas à absorber les 700 000 jeunes qui, chaque année, arrivent sur le marché du travail. Conséquence : l’Egypte affiche un taux de chômage élevé (12,8%).

Le chiffre réel est d’ailleurs bien supérieur à celui communiqué par les autorités puisque, dépités, un grand nombre d’égyptien ont, depuis longtempes, renoncé à chercher du travail.  

Le dédoublement du canal de Suez

Pour doper l’économie, Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien, s’est récemment lancé dans une politique de grands travaux, avec notamment le lancement, en août dernier, du titanesque chantier de l’élargissement du Canal de Suez.

Le doublement du nombre de cargo devrait générer des profits au minimum doubles : de 5,5 milliards de dollars de recettes par an, ces derniers pourraient passer à 13 milliards d’ici 7 ans.  

Un tourisme toujours en berne

Le premier secteur à être durement touché par les conséquences de la révolution égyptienne est le tourisme. Le secteur a subi violemment le contrecoup de l’instabilité politique et, à partir de 2013, des violences djihadistes.

En novembre 2015, le crash d’un avion civil russe dans le désert du Sinaï lui a porté un nouveau coup dur.

Premier pays d’Afrique visité avec plus de 14 millions de touristes avant 2011, l’Egypte est aujourd’hui en 4ème position et peine à dépasser les 10 millions de visiteurs (voir notre article sur la première destination d’Afrique pour les touristes : le Maroc). 

Aide internationale

L’Egypte reste aujourd’hui un pays sous perfusion qui dépend pour beaucoup des aides internationales.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’al-Sissi, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont versé plus de 20 milliards de dollars dans les caisses de l’état égyptien.

 

Pour en savoir plus sur le “Printemps Arabe” et ses conséquences économiques, voir notre article sur les cinq ans de la révolution de Jasmin en Tunisie.

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