Israël : bataille rangée pour l'exploration des réserves de gaz en Méditerranée
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Yoann Hervey
jeudi 11 février 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 11 Février 2016 à 08:23

Les réserves de gaz israéliennes en Méditerranée font l’objet d’importantes tractations économiques et judicaires alors même que leur exploitation a déjà commencé.

Les 622 milliards de mètres cube de gaz contenus dans les sous-sols méditerranéens d’Israël sont la cause d’une importante bataille juridique. Et économique. 

Dimanche 31 janvier 2016, le consortium formé par par les deux exploitants de ces colossaux gisements, l’américain Noble Energy et l’israélien Delek Dilling, signait un accord avec Edeltech qui prévoyait la livraison au conglomérat turc de 1,3 milliard de dollars de gaz sur 18 ans (voir notre article sur le rapprochement entre Israël et la Turquie).

Un accord contesté

Pourtant, quelques jours plus tard, le mercredi 3 février 2016, l’accord signé en décembre 2015 avec Benjamin Netanyahou était contesté devant la Cour suprême israélienne.

Cinq recours ont en été déposés par l’opposition parlementaire et des ONG. Selon eux, l’accord favoriserait les intérêts du consortium israélo-américain aux dépens des consommateurs et conforterait une situation de monopole.

Une indépendance énergétique nécessaire

Youval Steinitz, le ministre israélien de l’Energie, a, lui, défendu cet accord tout en insistant sur la nécessité pour l’Etat hébreux d’assurer sa sécurité énergétique. « Nous n’aurons pas de sécurité énergétique tant que nous aurons un seul champ gazier, à fortiori s’il est à portée des tirs de missiles des organisations hostiles à Israël comme le Hezbollah libanais » a-t-il déclaré, faisant référence au gisement de Tamar.

Aucun verdict n’a été prononcé à l’issue de l’audience. Mais une deuxième session consacrée au sujet, dont la date n’a pas encore été définie, est d’ores et déjà annoncée.

Si la Cour suprême rejette les recours de l’opposition et des ONG, Noble Energy et Delek Dilling pourront mener des négociations pour la vente du gaz à des clients israéliens et étrangers.

Une coopération avec la Grèce et Chypre

La confirmation de l’accord permettrait aussi au Premier ministre israélien d’aller de l’avant avec la Grèce et Chypre avec lesquels il souhaite développer la coopération pour l’exploitation du gaz (voir notre précédent article sur les enjeux stratégiques du rapprochement entre Israël, Chypre et la Grèce).

Les enjeux sont considérables puisque l’exploitation de ces gisements fera d’Israël un pays exportateur de gaz et lui permettra d’accroître son poids politique dans une région où l’Etat juif compte peu de pays amis.

Israël, Grèce et Chypre ont décidé, il y a deux semaines, de travailler sur un projet de gazoduc pour exporter le gaz extrait vers l’Europe.

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