L’Egypte désertée par les touristes
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Yoann Hervey
vendredi 12 février 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 12 Février 2016 à 14:38

Avec la recrudescence des attentats djihadistes, la fréquentation touristique de l’Egypte a considérablement baissé en quelques mois. Tout ce secteur de l’économie égyptienne et de nombreux emplois sont aujourd’hui en danger. Témoignages.

Il y a quelques mois, on ne comptait plus les autocars qui encombraient les parkings des pyramides de Kheops, Khéphren et Mykérinos. Les commerçant et vendeurs se souviennent encore des hordes de touristes étrangers envahissant quotidiennement le célèbre site de Gizeh et qui repartaient, délestés de leurs livres égyptiennes, avec leur statuette de Toutankhamon ou du sphinx.

Aujourd’hui, seules quelques familles et des petits groupes d’étudiants arpentent les allées rocailleuses du site archéologique vieux de 4 600 ans.

Des touristes absents malgré une sécurité renforcée

 « Il n’y a quasiment plus de touristes russes, britanniques ou américains aux pyramides » se désole Saïd Ramadan, 42 ans, vendeur à la sauvette au pieds des pyramides. Et de reprendre : « je ne gagne quasiment plus rien depuis qu’il n’y a plus de touristes ».

Loin d’être isolée, la situation de ce marchand de bibelots est devenue d’une triste banalité. Loueurs de chameaux, guides, hôteliers, tous partagent ce même constat.

« Comment s’attendre à avoir des touristes dans la région quand ils voient les gens s’entretuer » interroge Merdash Ghanem, propriétaire d’une boutique de souvenirs près des pyramides

Pourtant, tout est fait pour amadouer le chaland. Des policiers armés filtrent le passage des véhicules à l’entrée du site pour prévenir toute attaque djihadiste et des dizaines d’autres, en civils, se mêlent discrètement aux visiteurs pour effecteur des contrôle d’identité aléatoires.

Crash du Sinaï : le coup de grâce porté au tourisme

Le coup de grâce porté au secteur du tourisme remonte à fin 2015. Le 31 octobre, le crash d’un avion civil russe dans la péninsule du Sinaï revendiqué par Daesh avait couté la mort à 224 passagers.

Quelques jours plus tard, la Russie suspendait tous se vols à destination de l’Egypte et Londres interrompait ses vols à destination de Charm-el-Cheikh.

Après le crash, le montant des pertes financières s’est élevé à 2,2 milliards de livres égyptiennes (250 millions d’euros) rien que pour les mois de novembre et décembre.

Depuis, d’autres attentats ont eu lieu. Fin janvier, cinq policiers et deux civils ont trouvé la mort dans l’explosion d’une bombe lors d’un raid dans un appartement du quartier des pyramides. Une attaque qui a été une nouvelle fois revendiquée par l’Etat Islamique.

Un phénomène unique, des causes multiples

Les attentats ne sont pas l’unique cause de cette baisse de la fréquentation touristique. Le triste phénomène avait débuté au lendemain des révoltes de janvier 2011.

L’instabilité politique post-révolution avait en effet fait fuir les touristes : de 14,05 millions en 2010, leur nombre était passé à 9,63 millions en 2014 (selon les chiffres publiés récemment par United World Tourism Organization).

 « L‘instabilité régionale en Irak, en Syrie et en Libye affecte également le tourisme en Egypte », commente Ibrahim al-Ghitani, expert du centre régional pour les recherches stratégiques, basé au Caire. « Si les Russes et les Britanniques ne reviennent pas, c’est la fin pour le tourisme en Egypte », conclut-il.

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