Méditerranée, des ressources en danger
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Yoann Hervey
vendredi 12 février 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 12 Février 2016 à 14:11

Depuis plusieurs années, la Grande Bleue est au plus mal. Selon certains analystes, si rien n’est rapidement mis en œuvre, elle pourrait rapidement devenir mer morte.

Les chiffres parlent d’eux mêmes : entre les côtes espagnoles et la mer Tyrrhénienne, 96% des stocks de poissons sont surexploités.

Un constat sidérant

Les pêcheurs des pays du pourtour méditerranéen attrapent en moyenne 6 fois plus de merlus, de rougets, de merlans bleus et de baudroies qu’il ne faudrait pour que ces espèces se reproduisent et se maintiennent en proportion suffisante.

Le relevé du Comité scientifique, technique et économique pour les pêches, fournisseur de statistique de la Commission européenne est tout aussi accablant : dans l’Adriatique, on a pêché 5,3 fois trop de merlus en 2012 ; 2,3 fois trop de sardines et 2,1 fois trop d’anchois.

A Malte et en Sicile, on a capturé 4 fois trop de rougets-barbets. Et c’est dans les eaux du nord de l’Espagne et du Golfe du Lion que des tristes records s’accumulent : 10 fois trop de merlus et de merlans bleus sont attrapés.

« Des pratiques pareilles n’existent nulle part ailleurs en Europe » s’indigne Stephan Beaucher, porte-parole de MedReAct, une coalition d’ONG et de consultants spécialisés. A titre d’exemple, dans l’océan Atlantique, un taux de surpêche de 1,5 est « considéré comme grave ».  

Corrélativement, seul 4 % des stocks de poisson de la Grande Bleue s’approche du « rendement maximal durable », le point de non retour de régénération des espèces marines.

Une Commission européenne alarmée

Depuis 2015, Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche, tente d’alerter sur la situation qu’il juge « préoccupante » de la Méditerranée.

Jusqu’ici, l’Europe s’est simplement contentée de continuellement reporter la question de la préservation de la biodiversité méditerranéenne.

Les 9 et 10 février, un important séminaire organisé par la Commission européenne s’est tenu à Catane en Sicile. Portant sur l’épuisement des ressources en Méditerranée, il a réuni des scientifiques, des représentants des huit gouvernements des pays côtiers et des ONG.

L’un des grands objectifs de cette rencontre a été d’inciter les Etats à fédérer leurs actions et à se rapprocher des propositions de la Commission européenne. Cette dernière propose de mettre en place deux plans pluriannuels de gestion à l’ouest de la Méditerranée pour les merlus, rougets de roche, soles, crevettes et langoustines. Et de faire de même avec la sardine et l’anchois dans l’Adriatique.

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