Le Premier ministre algérien Sellal écarte le recours à l’endettement extérieur
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vendredi 4 mars 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 4 Mars 2016 à 16:25

Le gouvernement ne veut pas entendre parler d’un recours à l’endettement extérieur, préférant lancer en avril prochain un emprunt obligataire national avec un taux d’intérêt de 5%.

Face à une situation financière difficile suite à la chute drastique des cours du pétrole, le gouvernement algérien hésite encore à en finir avec le dogme presqu’inviolable du non recours à l’endettement de l’extérieur, une option inévitable pour bon nombre d’économistes.

En marge de la cérémonie d’ouverture du 3 mars de la session du printemps du Parlement, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a écarté tout recours, dans l’immédiat du moins, à l’endettement extérieur.

Le chef du gouvernementa reconnu que la situation du pays est « délicate et difficile ». « Nous n’allons pas recourir à l’endettement extérieur dans l’immédiat », a-t-il confié aux journalistes. Et de poursuivre : « Mais nous optons pour l’endettement interne. Nous allons lancer un emprunt obligataire national en avril avec un taux d’intérêt très élevé de 5% ».

Une annonce inattendue

Une annonce qui prend à contrepied la déclaration faites deux jours auparavant par le ministre de l’énergie Salah Khebri sur la possibilité de la compagnie pétrolière publique Sonatrach de mobiliser des financements extérieurs.

« La compagnie qui n’a aucune dette externe jusqu’à présent peut recourir à l’endettement extérieur à l’instar de ce que font les grandes compagnies pétrolières, ou bien s’appuyer sur un partenariat », a- soutenu le ministre sur les ondes de la radio publique algérienne.

Une question de temps ?

Une manière au patron du gouvernement de recadrer son ministre ? Possible. Il reste que la question de l’endettement extérieur est au cœur du débat public depuis quelques mois et divise les économistes.

« Le contexte économique nécessite d’avoir recours au reste du monde pour financer certains projets. Il faut oublier nos excédents financiers. Donc la question n’est pas de savoir « si » mais « quand » l’Algérie aura recours à l’endettement extérieur », a soutenu Mustapha Mekideche, économiste et vice-président du Conseil national économique et social (CNES) dans un entretien.

L’ancien ministre des finances Abdellatif Benachenhou, lui, est opposé à cette option et a conseillé de « ne pas se faire mordre deux fois par le serpent ». À l’occasion d’une conférence-débat organisée fin janvier à Alger par la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF),  l’ancien ministre des finances rappelle « avoir fait du désendettement » et conseille de « faire très attention quand on parle de l’endettement extérieur ».

Une situation impliquant une réaction

Il reste que l’Algérie se doit de faire des révisions déchirantes surtout que la crise actuelle semble s’inscrire dans la durée. Depuis 2014, le baril de pétrole a perdu plus de 70% de sa valeur et les revenus du pays, provenant à 97% du pétrole est du gaz, ont chuté de moitié.

Pis, les réserves de change fondent à vue d’œil. De 178,94 milliards de dollars en décembre 2014, elles ont baissé à 152,7 milliards de dollars fin décembre 2015. Elles ne peuvent couvrir que deux ou trois années, dans le meilleur des cas, d’importation.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a bien raison de reconnaitre que la situation « délicate et difficile ». Reste à trouver la bonne recette pour y répondre. 

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