Le réchauffement climatique coûtera 21 milliards de dollars au Liban en 2020
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Yoann Hervey
vendredi 11 mars 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 11 Mars 2016 à 10:36

Une récente étude évalue les conséquences économiques des futurs changements climatiques. La facture s’annonce lourde pour le pays du Cèdre.

Hausse du nombre de décès, diminution de la pluie et de la neige, sécheresses, inondations, les conséquences des changements climatiques qui vont affecter le Liban dans les années à venir sont, pour la plupart connus des spécialistes et du grand public. Quant au coût total de cette facture écologique, le mystère restait jusqu’ici entier.  

Mais une étude conjointement publiée par le ministère de l’Environnement et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) vient de rendre concret le montant de cette facture.

Si les émissions de gaz à effet de serre demeurent inchangées durant les années à venir, le réchauffement devrait coûter la bagatelle de 21,2 milliards de dollars au Liban. Un montant titanesque. « Nous n’avions jamais imaginé des coûts aussi élevés » lance Luca Renda, le directeur du PNUD, lors de la présentation de l’étude mardi 8 mars. 

Un effet boule de neige

Pour Ernie Niemi, le président du centre de recherche américain Natural Ressource Economics mandaté pour la réalisation de cette étude, « Le changement de température rendra plus difficile le travail à l’extérieur, par exemple. Ce qui a des conséquences économiques directes. Mais au fur et à mesure que les dégâts économiques s’accumulent, l’économie ralentit, entraînant ainsi une baisse du PIB ».

C’est pourquoi, si le coût direct des changements climatiques s’élève à 3,6 milliards de dollars, la chute du PIB, elle, représentera 17,6 milliards de dollars.  

Le secteur agricole en ligne de mire

L’étude détaille l’impact réel de ces changements sur chaque secteur de l’économie libanaise.

Le secteur agricole se place tristement sur la première marche de ce podium en raison de la perte de productivité qui va durement l’affecter et qui coutera 300 millions de dollars au Liban. A cette baisse de productivité, il faut adjoindre une hausse des prix de la nourriture, donc de la malnutrition, et donc des problèmes sanitaires

2040, 2080…

L’étude ne se contente pas d’évaluer le montant de la facture écologique en 2020. Elle pronostique également celles de 2040 et 2080 : 80,7 milliards de dollars pour la première et 1009 milliards de dollars pour la seconde.

Comment agir ? 

Si le Liban s’est engagé à ne pas dépasser le seuil des deux degrés de réchauffement climatique lors de la COP 21 (voir notre article sur les préparatifs de la COP22 au Maroc), le pays du Cèdre estime qu’un support technique et financier international permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30%. Ce qui représenterait une baisse de 28% (6 milliards de dollars) du coût de cette facture.

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