Un plan Marshall pour l’Egypte ?
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Yoann Hervey
vendredi 15 avril 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 15 Avril 2016 à 12:06

Un sénateur américain propose de lancer un plan Marshall pour relancer l’économie égyptienne, sur le modèle de ce qui a été mis en place en Europe après la Seconde Guerre Mondiale. S’agit d’un projet fantasque ou existe-t-il une réelle volonté politique ?

Le sénateur américain Lindsey Graham, membre du Parti républicain, propose de lancer un plan Marshall pour l’Egypte. Si le projet n’est aujourd’hui qu’à l’état d’ébauche, sa logique, elle, reprend celle du plan Marshall originel. Comme l’a d’ailleurs indiqué lui-même Lindsay Graham, il s’agit pour l’Egypte de faire bénéficier de prêts à faibles taux d’intérêt et d’accords commerciaux préférentiels.

Pour rappel, le 3 avril 1948, le président des Etats-Unis Harry Truman signait le plan Marshall, un programme de prêts visant à aider les pays européens à se reconstruire après la Seconde Guerre Mondiale. Objectif : raviver une économie européenne atone après six années de guerre. Mais aussi trouver des débouchés commerciaux pour la production américaine.

Une libéralisation sociale et politique

Selon le chargé de cours en science politique de l’université de Montréal Loïc Tassé, un plan Marshall ne sera efficace en Egypte que si les autorités solutionnent – et concilient – le double problème en apparence aporétique de la montée des fondamentalismes religieux et de l’escalade de l’autoritarisme étatique.

Toujours selon ce dernier, le développement du pays ne pourra se faire qu’en luttant contre les freins économiques que sont les extrémismes religieux mais aussi en garantissant à l’économie de marché et aux citoyens égyptiens des libertés politiques et sociales.

Promouvoir un capital humain

Le mal égyptien ne vient pas seulement de l’effondrement des chiffres du tourisme et de la hausse vertigineuse du nombre de chômeurs mais vient aussi d’un manque de promotion du capital humain. Car quid de la culture entrepreneuriale, de la culture des techniciens, de la culture des ingénieurs. Quid de la culture des professeurs, des artistes et des innovateurs ?

C’est pourquoi le défi égyptien est donc avant tout culturel. Comme le questionne Loïc Tassé : « quel est le degré de liberté de parole dont une société a besoin pour entretenir ses forces créatrices ? Jusqu’à quel point les libertés politiques doivent-elles être présentes pour que l’économie se développe au bénéfice du plus grand nombre ? […] Il n’est pas évident que les réponses soient les mêmes pour toutes les sociétés, dépendant de leur culture propre et de leur avancement économique »

Jordanie et Liban également concernés 

L’Egypte ne serait pas le seul pays du Proche-Orient à être concerné par ce plan Marshall. Le Liban et la Jordanie seraient eux aussi visés par ce programme de relance économique. Reste un problème majeur à résoudre pour le sénateur Graham : convaincre ses acolytes républicains de la pertinence d’un tel projet.

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