Le Liban toujours sans président
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Karl Demyttenaere
jeudi 21 avril 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 21 Avril 2016 à 15:23

Depuis le 25 mai 2014, le Liban n’a plus de président de la République. Ce blocage politique interne s’explique par un contexte régional particulièrement tendu mais aussi des institutions complexes. Explications.

Nouvel échec pour l’élection d’un président de la République le 18 avril, le Parlement libanais n’est pas parvenu à s’entendre autour d’un candidat. Pour être élu, celui-ci doit obtenir la majorité absolue en rassemblant les deux tiers des députés, comme le stipule la Constitution. 

Fort impact du conflit syrien

Ce blocage s’explique par le boycott de nombreux députés et l’opposition frontale entre les deux coalitions au pouvoir : l’alliance du 14 Mars, hostile au régime syrien, et le bloc du 8 Mars, mené par le mouvement du Hezbollah, qui soutient le régime baasiste de Bachar al-Assad dans la Syrie voisine.

Le parti chiite semble tirer avantage de cette situation, ayant près de 10 000 combattants engagés dans le conflit syrien. Un nouvel executif, avec une forte légitimité, pourrait venir contrecarrer l’interventionnisme du Hezbollah. 

Entre Riyad et Téhéran

L’opposition régionale entre l’Arabie Saoudite et l’Iran se répercute au niveau national. En effet, Riyad, soutient la coalition du 14 mars tandis que Téhéran supporte celle du 8 mars, menée par son allié local : le Hezbollah.

Les implications de ce conflit larvée au Moyen-Orient entre la puissance chiite et le leader sunnite pour le Liban ne sont pas que politiques (voir notre article). En effet, le royaume saoudien a interrompu son aide de 3 milliards de dollars destiné à l’armée libanaise (voir notre article).

Un système à bout de souffle ?

La Constitution libanaise précise qu’en cas de vacance présidentielle « les pouvoirs du président de la République sont exercés à titre intérimaire par le Conseil des ministres ». De nombreux libanais estiment qu’il y a un blocage à la tête du pouvoir empêchant la prise de décision, comme en témoigne la récente crise des ordures

De plus, le président de la République doit être issu de la communauté chrétienne maronite, qui est divisée entre les partis du 8 et du 14 Mars.

Face à ces blocages institutionnels, une évolution de la situation en Syrie ou un apaisement des relations entre Riyad et Téhéran pourraient venir décrisper la situation. Réponse le 10 mai avec une 39ème séance parlementaire…

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