Maroc-Pays du Golfe, un sommet riche en enjeux
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Karl Demyttenaere
jeudi 21 avril 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 21 Avril 2016 à 09:57

Les pays du Golfe organisent le 1er sommet Maroc-Pays du Golfe auquel participe le roi Mohammed VI. Ce dernier espère assurer la continuité des investissements de ses partenaires, qui veulent s’assurer de son soutien politique et militaire. Décryptage.

Le sommet Maroc-Pays du Golfe s’est tenu le 20 avril à Riyad avec  les dirigeants des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) réussissant l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, le Bahreïn et le sultanat d’Oman. Arrivée la veille, le roi du Maroc était accompagné du ministre des Affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar et de son ministre délégué Nasser Bourita.

Pourquoi ce sommet ?

Au niveau économique, il est essentiel pour le Maroc d’assurer la continuité de l’accord de coopération avec les pays du CCG.

Petit retour en arrière : en 2011, l’organisme avait proposé au royaume chérifien, et à la Jordanie, de rejoindre le club. Le Maroc a décliné l’offre, en obtenant en lieu et place, un accord de partenariat stratégique. Quelques mois plus tard, un fonds de 5 milliards de dollars en faveur du Maroc était crée, également au bénéfice de la Jordanie, dans le cadre de cet accord.

Précisément, cet accord de partenariat signé entre les deux entités (la Maroc et le CCG) prend fin cette année. Quelle nouvelle forme donnée aux relations entre le Maroc et ces entités du Golfe ?

Des partenaires importants

L’enjeu est majeur puisque les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays du CCG ont augmenté de 11% en moyenne annuelle, pour atteindre 28,6 milliards de dirhams (environ 2,7 milliards d’euros) en 2014. Ce qui représente 4,9% des échanges totaux du Maroc, en 2000, ils représentaient 3,6%. 

L’Arabie saoudite est le premier client du Maroc, avec environ 920 millions de dirhams d’exportations (84 millions d’euros), soit  plus de la moitié du total régional, suivie des Emirats arabes unis (EAU), avec une part de 33,5%

Parallèlement, les pays du Golfe investissent énormément au Maroc. Au cours des dix dernières années, le volume total de leurs investissements a atteint cinq milliards de dollars. En 2014, les IDE  des pays du Golfes ont atteint 10,2 milliards de dirhams (930 millions d’euros environ), en hausse de 82 % par rapport à l’année précédente.

Cette augmentation se retrouve dans les IDE, la part des membres du CCG dans l’ensemble des IDE entrants au Maroc est passée à 28% en 2014, contre 14% en 2013

L’équilibre de la région en jeu

Cette remise à plat des relations entre le Maroc et le CCG passe également par la question politique.

En effet, le Maroc avait participé aux opérations militaires de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite contre des rebelles chiites au Yémen. Dans le nouveau contexte d’opposition larvée entre Riyad et Téhéran (voir notre article sur les élections en Iran et leur impact dans le Moyen-Orient), l’appui de Rabat est une carte à ne pas négliger pour l’Arabie saoudite.

Il est prévu qu’à l’issue de ce sommet, le roi Mohammed VI effectuera « des visites de fraternité et de travail » dans plusieurs pays de la région selon un communiqué, sans préciser ces pays et les attentes de cette tournée annoncée. Des visites à suivre de près pour comprendre la nouvelle relation qui va se tisser entre le Maroc et les pays du Golfe.

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