La pauvreté au Liban aggravée par l’afflux massif de migrants Syriens
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Nabil Belkacemi
mercredi 4 mai 2016 Dernière mise à jour le Mercredi 4 Mai 2016 à 14:41

Une étude menée par Institut Issam Fares (IFI) et Oxfam cherche à déterminer les causes d’une pauvreté en constante progression dans le pays. Une situation difficilement sous contrôle.

La situation a fortement évolué ces dernières années au Liban, liée directement à la perte de vitesse de l’économie et l’afflux massif de réfugiés Syriens. Les revenus des ménages les plus pauvres ont stagné ou baissé de 25 à 30% entre 2010 et 2016.

Une étude approfondie des causes de cet appauvrissement global a permis de révéler certains constats alarmants sur la situation des plus pauvres au sein du pays. Comme l’énonce Sarah el- Jamal, assistante-chercheuse à l’institut Issam Fares de Beyrouth : « Nous avons découvert que la plupart des ménages interrogés étaient surendettés pour subvenir à leurs besoins. Beaucoup ont aussi tendance à diminuer la quantité ou la qualité de leur repas pour réduire leurs dépenses. Certains vont même jusqu’à désinscrire leurs enfants des écoles pour survivre ».

Une situation globale difficile

Force est de constater que la situation des plus pauvres ne va pas en s’améliorant. Les chercheurs de l’institut s’étant rendus directement sur le terrain dans les régions de Beyrouth, de Tripoli, de l’Akkar, de la Béekaa et de Nabatieh ont ressorti certaines caractéristiques des ménages les plus pauvres. Les revenus annuels oscillent entre 4 000 dollars et 8 000 dollars qu’ils consacrent de 35% à 50% pour les dépenses alimentaires, 20% pour les dépenses médicales et seulement 15% pour l’éducation. 

Une situation déjà difficile mais qui va en s’aggravant avec l’arrivée massive de réfugiés Syriens dans le pays. Mme Jamal ajoute à cela que « 86% des réfugiés syriens et 65% des ménages les plus pauvres du Liban sont concentrés dans les mêmes municipalités » ce qui a impacté en profondeur leurs institutions publiques, leurs prestations sociales et l’organisation du marché du travail.

Cette étude avait pour but de déterminer les causes de pauvreté dans le pays, afin de fournir une base de données actualisée pouvant servir à la mise en place d’un système d’aide plus adapté à la situation.

Le gouvernement s’est donc attelé à aider les plus pauvres en sortant la méthode « proxy Means Testing » basée sur un nombre de critères essentiels tels que la composition du ménage ou ses biens (TV, frigo,…) et le programme Emergency National Poverty Targeting Program (ENPTP) financé par la Banque Mondiale qui a permis d’aider plus de 105 849 foyers depuis 2011.

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