Comment la Tunisie lutte contre le fléau de la torture ?
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Karl Demyttenaere
jeudi 19 mai 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 19 Mai 2016 à 13:40

Après avoir renversée la dictature, la population tunisienne est toujours confrontée à l’un de ses démons : la torture. Les autorités souhaitent éradiquer cette pratique mais difficile de tourner cette page sombre.

Le 21 avril à Genève, une délégation de Tunis menée par Kamel Jendoubi, le ministre tunisien chargé des droits de l’homme et des relations avec la société civile a été contraint de s’expliquer devant le Comité contre la torture des Nations Nations.

La raison ? L’existence de cas de tortures menées par certains membres des forces de l’ordre tunisiennes, brouillant ainsi l’image globalement positive de la Tunisie à l’international, alors même que le pays est célébré comme un modèle de démocratie dans le monde arabe.

Le lourd héritage de l’ère Ben Ali

« Il ne sert à rien de nier, il faut juste restituer les choses dans leur contexte. Nous devons faire avec un legs, le passif de la dictature. On avance désormais, même si cela ne va pas aussi vite qu’on le souhaiterait » souligne Kamel Jendoubi.

Depuis 2011, 7 personnes sont décédées de manière suspecte durant leur incarcération. L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) dépose chaque année une centaine de plaintes pour tortures et violences dans les lieux de détention.

Selon le ministre Jendoubi « il y a des cas, mais ce n’est pas un système comme avant ». D’après les autorités, le système d’autrefois n’est plus d’actualité mais une certaine culture perdure.

Dans le contexte de la multiplications des attentats djihadistes que la Tunisie a connu depuis 2015, il est d’autant plus difficile d’aller à l’encontre de cette culture très ancrée. A noter qu’entre 2 000 et 3 000 personnes sont détenues en Tunisie pour des affaires de terrorismes.

Le 28 avril, 46 organisations des droits de l’hommes, tunisiennes et internationales, ont lancé dans la capitale du pays une campagne sur le thème « Non au terroriste, oui aux droits de l’homme ». 

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