Après les municipales, quels sont les nouveaux rapports de force à Beyrouth ?
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Karl Demyttenaere
jeudi 26 mai 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 26 Mai 2016 à 09:28

Les élections municipales dans la capitale libanaise le 8 mai n’ont pas vu la liste indépendante « Beirut Madinati » triompher mais la campagne et le scrutin ont révélé des dynamiques sociétales.

Ils étaient à l’origine une poignée de jeunes experts et militants, participants aux manifestations de l’été 2015 au cœur de la crise des déchets. Ensemble, ils ont fondé une liste indépendante : Beirut Madinati (“Beyrouth est ma ville”, en arabe).

Cette liste rassemble 24 candidats et compte des employés, des enseignants, des journalistes, des pêcheurs et des artistes, comme la célèbre réalisatrice Nadine Labaki (“Caramel”, “Et maintenant on va où?”). Cette liste venue affronter celle des politiciens traditionnels comme celle de l’ex-Premier ministre Saad Hariri.

Beirut Madinati a centré son programme sur le développement local, la transparence contre la corruption des barons de la politique et le clientélisme et la stratégie des petits pas contre l’immobilisme des gouvernants. Durant la campagne, les partis traditionnels et leurs candidats ont même refusé de débattre face à eux à la télévision. 

Des résultats décevants

Ces militants issus de la société civile qui se présentaient pour la première fois à ce scrutin (voir notre article), ont perdu le 8 mai à Beyrouth, même si ils ont obtenu plus de 30% des voix.

A noter le fort abstentionnisme : près de 80% des électeurs inscrits n’ont pas voté, soit environ le même taux que lors des précédentes élections municipales. Beirut Madinati n’a pas su mobiliser cette masse, tout comme les partis traditionnels. 

Et pour cause le mode de scrutin municipal est majoritaire, et non proportionnel. Selon une règle qui rigidifie un peu plus le système, les électeurs votent dans le lieu d’origine de la lignée paternelle ou est enregistré leur état civil, ne coïncidant pas avec le lieu de vie.

A Beyrouth, la “Liste des Beyrouthin”, parrainée notamment par l’ancien Premier ministre Saad Hariri et les partis chrétiens, est arrivée en tête. Menée par Yousra Sidani, elle a obtenu 52% des suffrages exprimés.

Vers les élections législatives ?

Pour mobiliser demain les électeurs, Beirut Madinati va devoir gommer son image élitiste et être un groupe de pression constructif sur la municipalité de la capitale. La question va rapidement se poser pour le mouvement : pourra-t-il se présenter aux élections législatives, prévues en 2017 après avoir été deux fois ajournée par le Parlement ?

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