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Ecomnews Med Redaction
lundi 1 août 2016 Dernière mise à jour le Lundi 1 Août 2016 à 13:39

Yacine El Tabib partage avec les lecteurs d’Ecomnews Med son expérience d’entrepreneur dans son pays d’origine : l’Algérie. Galères, bons plans, astuces… ce jeune dirigeant témoigne sans langue de bois.

Yacine El Tabib venant d’être diplomé de l’ESC Grenoble.

EPISODE 1

Fraichement diplômé en finance à l’ESC Grenoble, j’avais deux possibilités :  

– soit suivre un parcours classique, c’est-à-dire cadre à la Défense, dans une “Big Four” (NDLR : les quatre grands groupes d’audit financier au niveau mondial : Deloitte Touch Tohmatsu, EY, KPMG, PricewaterhourCoopers) ou dans une direction financière, comme une bonne partie de mes amis,

– soit tout quitter pour essayer de ressembler à ces Français qu’on retrouve dans l’émission Capital qui abandonne tout pour monter un business dans un autre pays

Après réflexion, (étude de marché, business plan, réseau…) je décide de me lancer. Le pays concerné est l’Algérie ! Alors pourquoi l’Algérie :

  • C’est un pays dans lequel je considère avoir quelques attaches et quelques connaissances culturelles et sociales ;
  • Un pays méditerranéen, francophone et proche de la France ;
  • Un pays qui jouit d’une réserve de change de plus de 200 milliards de dollars avec aucune dette
  • Un pays jeune (voir notre article sur la démographie du pays) et consommateur ;
  • Un gros importateur pour satisfaire sa demande 55 milliards de dollars en 2013 d’après le ministère du commerce algérien

Conclusion personnelle et rationnelle : “Bon produit au bon prix et au bon emplacement et c’est le jackpot !!! “

Le jour J approche, l’angoisse est palpable, mes affaires sont prêtes, c’est parti !

Arrivée Algérie

Arrivée en bateau en Algérie, avant de continuer le voyage en voiture jusqu’à Oran…

Installation

Mes parents soucieux du bon déroulement de mon aventure, mettent à ma disposition leur maison, économie non négligeable lorsqu’on s’installe dans un « pays étranger ».

Mon oncle et mon cousin m’attendent au port. Une fois arrivé dans la maison de mes parents, je décide de me faire une belle chambre avec un bel espace de travail.

Pour garder contact avec ma famille et faciliter mon projet, je me rends chez Algérie Telecom pour ouvrir une ligne téléphonique et souscrire à un abonnement Internet. Auparavant, je me rends dans un cyber café pour jeter un coup d’œil sur leur site et pour voir ce qu’il propose en abonnement. Leur site Internet est à la hauteur des sites de Free ou Bouygues, faciliter de navigation, belle charte graphique, informations disponibles…

Une fois sur place à l’agence de Sidi Bel Abbes, je m’entretiens avec une conseillère clientèle qui m’oriente sur l’abonnement qu’il me faut, jusque là tout va bien sauf que : l’opération et l’installation s’est faite en 2 mois alors qu’elle aurait dû durer que quelques jours.

Je décide de prendre rendez vous avec le directeur pour avoir des explications. L’échange dure une minute au milieu d’un couloir, il finit par me dire « Ici vous êtes en Algérie et pas en Europe, 2 mois de retard c’est pas si dramatique que ça ! »

A cet instant, j’ai compris que l’aventure ne se passerait pas comme je l’avais prévu. Mais bon après avoir lu un article dans le magazine « Management » mettant en numéro 1 dans le Top 10 des qualités pour entreprendre et manager en 2015 : la résolution de problèmes complexes, je me dis donc que le travail en réalité a déjà commencé.

 

Portrait

Yacine El Tabib sur le trajet entre Alger et Oran, le début de l’aventure

EPISODE 2

Lors d’une visite dans un nouveau magasin d’ameublement et de décoration, le plus grand à Oran (2ème ville d’Algérie), style Ikea mais version Algérienne. Je rencontre de manière fortuite le patron du magasin, et là, un échange intéressant se construit autour de mon parcours et du sien ainsi que de la création de son nouveau magasin. Il me propose par la suite de travailler avec lui et le directeur comme consultant pour l’aider à développer la partie commerce et finance de son magasin. Je me dis qu’avant de me lancer dans mon projet, une expérience terrain du commerce en Algérie peut être bénéfique.

Kiteal

Le patron fait partie d’une famille d’entrepreneur cultivée, connue et diplômé dans l’ouest Algérien qui est présent dans l’hôtellerie, le commerce de détail, l’industrie et l’immobilier.

Durant mon expérience, j’ai pu constater que la majorité des grosses entreprises Algériennes tous secteurs confondus sont détenus par des familles et gérées en famille, elles sont donc très loin des standards de gouvernances occidentaux. Il en découle bien sûr des avantages et des inconvénients.

Des anecdotes qui m’ont aidé à comprendre la société Algérienne

J’ai beaucoup observé les vendeurs et autres salariés, je me suis rendu compte qu’une bonne partie des salariés est emmenée et ramenée dans le magasin par une société de transport. Je me rapproche du DRH afin qu’il m’explique pourquoi.

Il me répond tout simplement que les jeunes n’ont souvent pas le permis et pas de voiture, de plus le réseau de transport d’Oran n’est pas vraiment développé malgré de réelles avancées (tramways, train, bus…). Il est donc indispensable pour fidéliser le salarié et rassurer sa famille (surtout pour les filles) que son transport est assuré par l’entreprise. Il me dit également que l’ensemble des entreprises Algériennes y a recours et que cela est normal.

Feuilleton 2

Yacine et le gérant, Jamel Cherif (de droite à gauche)

Peu de temps après mon arrivée, je décide, avec l’accord de la direction, de changer les planogrammes (NDLR : représentation visuelle de l’implantation d’un rayon ou gondole dans un point de vente)  et procéder à de nouvelles implantations produits dans les rayons.

Pour cela; je mobilise une équipe pour leur apprendre le basique du métier dans la grande distribution. Je me rends compte assez rapidement que le concept « grande distribution » ainsi que son métier est nouveau en Algérie et que les salariés ont très peu de connaissances dans ce domaine. Par contre, les jeunes Algériens apprennent vite et ont envie d’être à la hauteur du monde moderne, donc j’avais avec moi une équipe jeune, attentive et instruite.

En Algérie tout est à construire, les Algériens me disent que c’est maintenant qu’ils commencent à vivre, en effet l’Algérie post-indépendance a vécu malheureusement des coups d’Etats, une guerre civile et des manifestations sociales à répétitions, ce qui a naturellement ralenti le développement économique. Dans un pays où tout est à faire, beaucoup de choses se font à partir de page blanche.

Une fois le magasin ouvrait ses portes à 9h00, des clients composés de parents et d’enfants se présentent à la porte à 08h30. Je leur dis gentiment qu’il fallait patienter car le magasin ouvrait ses portes à 09h00. Le DRH (NDLR : Directeur des Ressources Humaines) arrive entretemps et me demande de les laisser passer pour qu’il puisse entrer dans le magasin.

Gentiment, je lui réponds que ce n’était pas l’heure d’ouverture et là sèchement il me rétorque que cela n’était pas correct de ma part car on ne peut refuser, même si le magasin n’est pas encore ouvert, à des clients qui prennent leur voiture et qui font des kilomètres, de rentrer dans notre magasin. La notion d’entreprise citoyenne est très développée en Algérie. Belle leçon de commerce et de disponibilité client que je viens d’apprendre.

Justement, lors d’un échange avec le DRH de notre magasin, j’aborde un sujet assez délicat dans la société Algérienne mais présent dans toutes les organisations qu’elles soient privées ou publiques. C’est la notion de productivité des salariés Algériens.

Il me dit que l’Algérie est entrée dans une nouvelle phase c’est à dire un désengagement de l’Etat dans la vie économique du pays et renforcement du privée suite à la baisse des cours du pétrole.

Cette phase est tout à fait nouvelle pour les Algériens car longtemps l’Etat subvenait à tous les besoins du citoyen (travail, logement, nourriture…). En effet l’état Algérien s’est construit autour d’une idéologie socialiste puis ensuite a pu bénéficier des envolées des cours du pétrole donc durant des décennies les citoyens ont toujours pu bénéficier des largesses de l’Etat.

Et là le DRH me dit : “Yacine tu sais, toute ma vie professionnelle je l’ai passé dans des bureaux de ressources humaines en Algérie de 1970 à 2014, et longtemps les Algériens faisaient semblant de travailler et nous (l’Etat) faisions semblant de les payer !” puis, il termine “Mais il faut que cela change, l’Algérie, après toutes les épreuves traversées, en est capable“.

Feuilleton 2.2

Jamel Cherif et Yacine travaillant ensemble au bureau.

EPISODE 3

Après les quelques mois qui ayant suivi mon arrivée en alternant consulting auprès de Kiteal et recherche de locaux pour ma future activité, je décide de commencer à créer mon réseau (plus qu’indispensable en Afrique pour faciliter son investissement).

Mais par ou commencer ? Associations, administration, entrepreneur… Et là je me dis quoi de plus intéressant que de rencontrer le Wali de la ville où je m’étais installé, rencontrer la personne la plus haute dans l’administration Algérienne d’une ville de plus de 700 000 habitants l’équivalent d’une ville comme Nantes !

Je me rends alors à la Wilaya pour demander une audition en indiquant dans le courrier : d’où je venais, qui j’étais, mon parcours et qu’est ce que je voulais faire en tant que franco-algérien désirant investir dans son pays d’origine.

Deux jours plus tard, sa secrétaire m’appelle en me disant qu’il a répondu favorablement à ma demande et qu’il souhaiterait me recevoir dès le lendemain !

Costume enfilé, je me présente dans son bureau à 9h00. J’ai tout de suite à faire à une personne cultivée et intelligente, parlant un Français parfait. L’échange dure 45 minutes, nous balayons plusieurs sujets intéressants comme les projets en Algérie, la situation financière du pays, les risques qui en découlent, le rôle de la diaspora Algérienne dans l’économie. Bref un homme d’Etat connaissant parfaitement les enjeux géostratégiques et socioéconomiques du pays, de la région et du monde.

Il finit par me dire que le pays s’est doté de moyens financiers et juridiques pour encourager les investisseurs étrangers et notamment les algériens d’origines diplômés et formés partout dans le monde occidental qui représentent, me dit-il, une force non négligeable pour un pays qui traverse une crise économique.

Wali Nordine

Yacine El Tabib avec le Wali de Sidi bel Abbes

EPISODE 4

Avant de me lancer dans l’aventure Algérienne, mon idée était déjà toute prête. Lors d’un séjour (une année avant mon départ) en Algérie, je me suis vite rendu compte que la jeunesse Algérienne représente une bonne partie de la population, cette dernière comme je l’ai pu constater aime consommer.

Petit point démographique sur l’Algérie : Au 1er janvier 2015, 39,5 millions d’habitants. C’est ce qu’a indiqué l’Office national des statistiques (ONS) dans son rapport annuel sur la démographie (voir notre article).

Graphique

Nous pouvons constater que la population agée entre 0 et 29 ans représente à elle seule plus de la moitié de la population totale !

En France, j’avais pour habitude durant mon parcours scolaire de réviser, déjeuner, et rencontrer mes amis dans un établissement Starbuck’s sur Lyon. C’est un concept qui existe depuis un certain nombre d’années en France et qui rencontre un franc succès. D’ailleurs d’autres enseignes comme Columbus Café, French Coffee Shop ont été crées en France et se développent très rapidement … Ce sont des endroits branchés, cosy, connectés et très à la mode. Ce concept est quasi inexistant en Algérie, je me dis naturellement qu’il devrait fonctionner.

Quelques mois avant mon départ, je contacte une amie Margot B. qui est ‎maquettiste et infographiste pour lui demander un peu d’aide. Après lui avoir exposé mon idée et mon concept, on se met d’accord pour travailler dessus. Après bon nombre de mail envoyé et de conf call sur Skype, le logo et la charte graphique sont actés !!

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EPISODE 5

Une fois sur place en Algérie, avec un réseau plus grand et un apprentissage du commerce terrain suite à mon passage chez Kiteal, je décide de me lancer dans la recherche du local. Force est de constater que l’emplacement est primordial dans ce genre de projet, deux choses qui vont en ce sens me viennent alors en tête :

La première : il est indiqué sur le site Internet de Starbuck’s « partie franchise et investisseur », au futur franchisé que le local doit être en centre ville ou à proximité d’une zone commerciale ou étudiante dans le but de toucher les cols blancs et les étudiants.

Travaux

La seconde : lors de la lecture d’un article sur « Management », le patron des hôtels Hilton parlait du développement de la chaine, et dans l’article il disait que le slogan du codir « comité de direction » pour valider l’expansion de la chaine était Emplacement, Emplacement et Emplacement.

Je me dis donc dès le départ que le choix de l’emplacement va quelque part conditionner la réussite ou l’échec de mon projet

Mon choix s’arrête sur un local de 100 mètres carrés dans le centre ville de Sidi Bel Abbes, plus précisément à la Macta où jadis tous les colons et la classe aisée Algérienne de l’époque habitaient. Les rues sont propres, l’architecture prononcée et la verdure présente.

Je vais maintenant abordé la partie aménagement du local, cette partie, en l’a rédigeant, me rappelle de très mauvais mais de très mauvais souvenirs ! Cela a été une galère sans nom. Succession de retard, de malfaçons, et d’accrochages avec les intervenants et j’en passe. Je pense que si je n’avais pas eu les soutiens et le réseau dont je disposais, j’aurais pu à ce moment baisser les bras.

Travaux 2

En Algérie, il y a très peu d’entreprises spécialisées dans des travaux d’aménagement intérieur pour petit commerce. Il faut donc passer par « le bouche à oreille », à la recherche d’artisans « plombier, électricien, peintre… ».

C’est donc tout naturellement que je me retrouve avec des artisans choisis sur le tas (avec leurs qualités et leurs défauts…) pour aménager mon local. Ce que je conseille aux lecteurs de ma chronique désirant investir en Algérie, est d’aller à la rencontre de franco-algérien ayant déjà investi et ayant un réseau de professionnel bien étoffé. Avant tout investissement, et surtout en Algérie, il vous faut un réseau (connaissance, “mahlifa” en Arabe) dans la sphère commerce « artisan, investisseur, administration… ». Je vous assure que cela facilitera grandement votre projet.

Travaux

Pour finir, une fois je discutais avec un entrepreneur connu en Algérie et son conseil je l’ai gravé dans mon esprit tellement il était vrai. Il me dit « Yacine, pour construire et réussir un business model il te faut respecter la règle des 3 P : Présence, Patience et Persévérance ! ».

Dans le prochain épisode, j’évoquerai l’après ouverture, c’est à dire la relation avec les parties prenantes d’un business en Algérie : fournisseurs, salariés, et surtout État (impôt, caisse de retraite, sécurité sociale, hygiène…).

FoodFood 3

 

EPISODE 6

Ayant accumulé déjà pas mal de retard durant les travaux, je décide d’ouvrir rapidement. Auparavant je m’étais entretenu avec des personnes du métier pour leur demander si au niveau administratif j’étais bon pour l’ouverture. Et là on me dit tout simplement que je n’ai pas de souci à me faire et que je pouvais ouvrir sans avoir des soucis avec l’administration algérienne car on me dit très clairement que je suis en Algérie et que chacun fait un peu comme il le veut… grossière erreur !

Food & Fun

Après 2 mois d’ouverture, je me suis vite rendu compte que l’administration algérienne était plus organisée que ce qui me semblait et de ce qu’on a voulu me faire croire. En une semaine, j’ai eu droit à toutes les visites prévues par la loi : hygiène, commerce, impôt, Cnas et Casnos (urssaf), impôt et police de proximité

Voici un shéma récapitalatif des acteurs parties prenantes pour l’ouverture d’un commerce en Algérie : 

Graphique 

Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai été agréablement surpris par l’organisation et l’encadrement d’un commerce en Algérie. L’Etat met les bouchées doubles pour mieux accompagner et encadrer les activités commerciales.

Police : Tout commerce qui ouvre dans une wilaya (département) doit se déclarer auprès du commissariat de son arrondissement. Les services de sécurité demande à tout commerçant de leur fournir une déclaration d’existence qui doit être récupérée au préalable auprès des services des impôts de la ville.

Impôt : Tout commerce qui débute doit durant ces premières semaines d’ouverture faire une demande de déclaration d’existence. Après cette demande effective, on lui attribue un NIF (Numéro d’Identification Fiscale). Durant la première année, le commerce est exempté d’impôt, l’année suivante si le chiffre d’affaires dépasse un certains seuil, l’impôt est équivalent à 12% on appelle cela en Algérie l’IFU (Impôt Forfaitaire Unique)

Pour rappel, sont soumises à l‘Impôt Forfaitaire Unique (IFU) : Les personnes physiques ou morales, les sociétés et coopératives exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou de profession non commerciale dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 30 000 000 dinars algériens (250 000 euros environ).

Commerce et Hygiène : J’ai appris en Algérie qu’il ne fallait surtout sous-estimer ces deux directions, pourquoi ? L’Etat algérien, suite à de nombreux dysfonctionnements dans le secteur agroalimentaire, a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’accentuer les visites « terrain » pour sensibiliser et par la suite verbaliser (fermeture temporaire, amende…), les commerçants qui ne se mettent au niveau souhaité. Exemple : plusieurs cas d’intoxications alimentaires ont faits scandales et ont émus l’opinion publique. 

CNAS et CASNOS (respectivement Caisse National d’Assurances Sociales, cotisations et protections des travailleurs salariés, et Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Non-Salariés, cotisations et protections des non salariés). L’Algérie mène depuis une petite année une vraie politique de sensibilisation à l’attention des employeurs et employés non-déclarés ou ayant des retards de paiements.

L’Etat a mis en place différentes mesures exceptionnelles apportées par la loi de finance complémentaire 2015, principalement en matière de paiement des cotisations et l’importance des mesures à leur bénéfice dont l’effacement des majorations et pénalités de retard conformément à la loi de juillet et dont l’échéance vient à son terme en décembre 2016 et où la procédure est appliqué sur simple demande de l’employeur.

Pour l’anecdote, étant donné la situation, je m’étais rendu à la CASNOS et la CNAS de Sidi Bel Abbes pour m’acquitter de ma cotisation annuelle en tant qu’employeur et de ma cotisation trimestrielle pour mes salariés. Et là, à ma grande surprise, je m’aperçois qu’il y a énormément de monde, une queue interminable. C’est la première que je vois autant de « contribuables » qui désirent s’acquitter de leur cotisation.

J’interpelle une personne présente dans l’enceinte en lui demandant pourquoi cet afflux, il me répond tout simplement que « l’Etat Providence » est terminé et que les caisses de l’Etat sont presque vides ! Il me chuchote à l’oreille que longtemps l’Etat a fait abstraction des dérives du citoyen en matière fiscale et sociale, il décide donc après tant d’années de politique sociale accrue, de responsabiliser le citoyen.

EPISODE 7

Après avoir fait le tour de ces organismes d’Etat, je me suis vite rendu compte que je traverse avec l’Algérie une période très sensible et cela m’incite à rester pour comprendre et assister à un changement de cap profond du pays.

Voici ce que sont, selon moi, ces différents facteurs :

  1. Instabilité régionale :

La Tunisie et la Libye sont durement touchées par les méfaits du terrorisme international, il s’agit de 2 pays frontaliers de l’Algérie. De surcroit, la frontière marocaine s’imperméabilise de plus en plus et on observe un afflux de migrants qui cherchent à fuir les zones de combats (Syrie, Libye, Mali…).

  1. Baisse des recettes de l’Etat

Le prix du pétrole est en chute libre depuis plusieurs années ce qui affecte considérablement tous les projets colossaux engagés et tout le budget de l’Etat. Donc les autorités doivent trouver d’autres sources de financement (FMI, emprunt obligataire, rentrée fiscale…).

  1. Nouveau rôle de l’Etat

« Ne comptez plus sur l’Etat, le citoyen doit apprendre à vivre sans subvention ! » m’a affirmé une fois un responsable politique algérien ! L’Eat Algérien conscient de son poids direct au sein de l’économie nationale décide de favoriser l’entrepreneuriat privée avec des mesures incitatives à l’investissement.

  1. Engagement du citoyen

Les Algériens sont conscients que l’Etat n’a plus les moyens qu’auparavant, il faut donc qu’ils s’adaptent en s’impliquant davantage dans la vie économique du pays.

  1. Après Bouteflika

Le destin de l’Algérie se jouera également en 2019, dans 3 ans et demi. Elle se dotera d’un nouveau président après 20 années passées sous le règne de Bouteflika et de son entourage. Est-ce que le système politique sera identique ? Qui sera élu ?

A l’heure actuelle, l’Algérie traverse une situation économique, financière et sociologique très particulière. C’est le pays où il faut être dans le bassin méditerranéen durant la prochaine décennie.

L’Algérie doit se positionner en tant que pays émergent dans les 5 prochaines années (voir notre article), c’est son destin ! Elle possède trop d’atouts pour finir autrement.

A tous les amoureux des pays méditerranéens j’ai été particulièrement fier de vous faire partager quelques moments de ma vie d’entrepreneur en Afrique du Nord. Mon aventure n’est pas terminée, je pense même que j’en suis qu’au début, comptez donc sur moi pour continuer à vous informer sur mon aventure et l’évolution de l’Algérie qui j’en suis sur nous réservera que de belles surprises !

Crédits photos : Yacine El Tabib. 

Pour en savoir plus sur l’Algérie et son économie, découvrez notre vidéo avec les chiffres clés à connaître :

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