Les frères Saadé vignerons envers et contre tout au Liban
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Karl Demyttenaere
jeudi 4 août 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 4 Août 2016 à 14:31

Sandro et Karim Saadé achètent en 2002 le domaine de Bargylus connu sous le nom actuel de Jebel Al-Ansariyé en Syrie puis en 2004 des terres vierges dans la plaine de la Bekaa au Liban qui deviendront le Château Marsyas. Le pari peut paraître fou : produire de vin dans un pays en guerre et dans une région instable.

Le Château Marsyas compte 55 hectares qui permettent de produire 100 000 bouteilles par an bien qu’il faut composer avec des températures dépassant souvent les 35 °C – en 2010, le thermomètre a accusé 48 °C – et descendant à – 2 °C ou – 3 °C la nuit. Certains hivers, les températures ont atteint – 20 °C.

On est à 1 000 mètres d’altitude, et les deux chaînes montagneuses qui enserrent la plaine culminent à 2 800 mètres et 3 100 mètres. La difficulté est la même pour le domaine de Bargylus de 12 hectares qui bénéficie d’un terroir argilo-calcaire et se trouve à 900 mètres d’altitude.

Le conflit qui ensanglante la Syrie depuis 2011 empêche les deux frères de rejoindre le domaine de Bargylus, cependant ils font venir à eux les échantillons par taxi.

Leur conseiller œnologue, Stéphane Derenoncourt vient au Liban quatre fois par an pour apporter son aide et son expérience. Sandro Saadé souligne que « Stéphane ne vient pas seulement faire du vin, il s’assure tout au long de l’année que la vigne va bien, que l’évolution est bonne. C’est une approche complète et une relation de passion ».

L’histoire familiale des Saadé s’inscrit aussi en Syrie avec Johnny, père syrien qui a monté une holding qui porte son nom, mais aussi un violent conflit qui l’a opposé à son frère Jacques.

En effet celui ci est le fondateur de la Compagnie maritime d’affrètement (CMA) en 1978 et a racheté la Compagnie générale maritime (CGM) en 1996 (voir notre portrait).

Jacques Saadé est à la tête de la CMA-CGM troisième compagnie de fret maritime dans le monde alors que Johnny Saadé estime avoir été spolié.

Désireux d’oublier les conflits régionaux et familiaux, Karim et Sandro se concentrent sur leurs vins.

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