Pourquoi l'Algérie n'est pas (encore) une puissance émergente ?
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Ecomnews Med Redaction
mardi 16 août 2016 Dernière mise à jour le Mardi 16 Août 2016 à 08:52

L’Algérie dispose de tous les atouts pour se hisser parmi les pays émergents. Pour ce faire, de nombreux défis doivent être surmontés. Explications.

La « concorde civile » initiée en 1999, en Algérie, par le président Abdelaziz Bouteflika, le redressement des prix du pétrole à partir des années 2000 et l’accélération de la croissance en Chine sont autant d’éléments qui ont contribué à renflouer les caisses de l’Etat algérien.

Mais le pays, dont l’économie reste tributaire du prix du gaz et du pétrole, s’expose à des secousses sociales et sécuritaires en l’absence d’alternatives économiques réalistes et viables. Pour sortir le pays de cette situation, le gouvernement algérien multiplie les mesures visant à diversifier l’économie du pays pour se libérer de l’emprise des hydrocarbures. Eclairage.

Des énergies fossiles qui s’épuisent

L’Algérie a connu son pic pétrolier entre 2005 et 2007 avec 2 millions de barils/jour. La courbe décroissante avait commencé dès 2008. Le 1er juin 2014, Abdelmalek Sellal, premier ministre algérien, a fait une déclaration détonante devant l’Assemblée populaire nationale (APN) en affirmant que « D’ici 2030, l’Algérie ne sera plus en mesure d’exporter les hydrocarbures […] nos réserves couvriront nos besoins internes seulement »

Les hydrocarbures, qui ont constitué une aubaine pour l’Algérie et lui ont permis en 2011 de contenir le “Printemps arabes” (voir notre article sur la Révolution de Jasmin en Tunisie et son impact économique) à coup de mesures sociales, sont en voie de raréfaction, et le cours du pétrole brut, qui était sur une tendance globale haussière depuis le début des années 2000, atteignant même des valeurs historiques en juillet 2008, est en proie à d’énormes fluctuations depuis la deuxième moitié de l’année 2014.

Face à ce constat, les responsables algériens se voient plus que jamais dans la nécessité de mettre en place des mesures permettant au pays de rebondir en jetant les bases d’une économie diversifiée et intégrée.

L’Algérie a réussi à préserver les grands équilibres macroéconomiques en créant, en 2000, un Fonds de régulation des recettes pétrolières et gazières (FRR), doté aujourd’hui de près de 80 milliards de dollars et en lançant, au cours de la même année, le programme d’investissement public.

La dette extérieure est estimée, entre 2011 et 2013, à 2,8% du revenu national brut, selon les chiffres de la CNUCED. L’inflation, quant à elle, est contenue dans des limites raisonnables et les réserves de change officielles ont augmenté de manière substantielle pour atteindre 180 milliards de dollars. Tous ces éléments ont permis à l’économie algérienne de garder une tendance haussière au cours des dix dernières années. Toutefois, cet élan de développement est ralenti à cause de certains problèmes structurels.

Les défis de l’économie algérienne

Sur un programme de 300 milliards de dollars d’investissements publics dans les infrastructures (logements, ressources en eau et en électricité, réseaux de transports), la part destinée à la R&D (Recherche et Développement) et au développement des PME reste quasiment insignifiante.

Or, pour parvenir à diversifier l’économie algérienne et affranchir le pays du joug des hydrocarbures, les autorités algériennes doivent engager des réformes structurelles favorables à l’émergence d’un secteur privé dynamique et créateur de richesse et qui fera office de locomotive de croissance pour le pays.

Pour ce faire, les responsables algériens sont appelés à se pencher sur des questions comme la convertibilité du dinar algérien, la réduction de la bureaucratie et la promotion des investissements dans tous les secteurs d’activité, via des mesures fiscales notamment.

L’Algérie a été classée parmi les pays les plus corrompus dans le dernier rapport de l’ONG Transparency International. Les enjeux en matière de Transparence et de Lutte contre la Corruption sont donc énormes et nécessitent du courage et une volonté ferme de la part des acteurs politiques algériens. Il faudra trouver des stratégies qui servent de levier pour instaurer la bonne gouvernance, aussi bien au sommet de l’Etat qu’aux autres niveaux, mais également revaloriser le savoir et l’Etat de droit.

En investissant dans son capital humain et en tirant profit de ses nombreux atouts naturels et économiques à travers des politiques et des stratégies créatrices d’opportunités pour tous les algériens, dans un environnement concurrentiel, protégé de tout monopole, l’Algérie peut aspirer à se hisser au rang de pays émergent à l’horizon 2025, en adoptant une vision stratégique qui tient compte des nouvelles réalités géostratégiques mondiales.

Ainsi, avec des réserves énergétiques qui s’amenuisent un peu plus chaque année, un intérêt pour la Recherche et le Développement plus que mitigé, une monnaie qui n’arrive plus à suivre le cours du dollar, et une corruption qui sévit à tous les niveaux, l’Algérie a encore du chemin à parcourir pour se démarquer et accéder au rang de pays émergeant.

Il s’agira ainsi pour le pays d’ici à l’horizon 2025 de revoir ses priorités et objectifs, et de mettre en place les mesures nécessaires pour une reconversion profonde et efficace, et ainsi mettre en place une atmosphère bénéfique au développement et à la stabilité.

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