La Banque mondiale inquiète pour l'économie algérienne
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Selim Ben Taziri Rosa
mercredi 24 août 2016 Dernière mise à jour le Mercredi 24 Août 2016 à 07:56

En 2015, la croissance économique algérienne a été touchée par l’effondrement des cours des hydrocarbures pointe la Banque mondiale. La production de pétrole brut et de gaz naturel ayant régulièrement diminué au cours des dernières années, principalement causée par des difficultés à trouver des partenaires d’investissements, de l’insuffisance des infrastructures, de problèmes techniques et des projets constamment en retard.

Soixante ans après le plan de développement économique de Constantine ayant pour but de valoriser les ressources algériennes en hydrocarbures, l’Algérie connait à présent un énorme bouleversement économique qui touche les finances publiques, la balance commerciale et les réserves de change.

Un rapport alarmiste

Selon le rapport de la Banque mondiale, l’Algérie connait un déficit budgétaire grimpant à hauteur de 15,7% du PIB en 2016 contre 1,4% en 2013. Une chute des réserves totales avec seulement 108 milliards de dollars en 2016 contre 194 milliards il y a 3 ans. L’institution estime que les réserves chuteront jusqu’à 60 milliards de dollars en 2018.

De même, en dépit d’un durcissement de la politique monétaire, une flambée des prix illustre l’augmentation de l’inflation à hauteur de 4.8% en 2015 ainsi que le chômage, franchissant la barre des 10%.

Souhaitant pointer du doigt la situation économique algérienne, la Banque mondiale a aussi souligné la dépendance de l’Algérie à ses revenus en hydrocarbures « l’économie est massivement dépendante des hydrocarbures pour ses exportations et ses recettes publiques, à hauteur de 95% et de 75% respectivement » en n’oubliant pas de rappeler que « l’Algérie sera appelée à vivre le vrai choc financier et économique en 2018, avec des réserves de changes qui se situeront à 60 milliards de dollars ».

L’avis de la Banque d’Algérie

Dans l’hypothèse que la diminution des réserves se poursuit, la banque d’Algérie se retrouvera contrainte de poursuivre la dévaluation du dinar pour couvrir artificiellement le déficit budgétaire.

Suite au rapport de la BM, la banque algérienne précise à travers un communiqué de presse que « le niveau des réserves à fin 2018 sera nettement supérieur à celui annoncé par la BM, notamment en raison des effets de la consolidation budgétaire et de l’impact de celle-ci sur les comptes extérieurs et corrélativement des réserves de change».

Elle affirme également que « le rapport de la Banque mondiale (BM) sur la région Mena (Middle-East-North-Africa) situant le montant des réserves de change de l’Algérie, à l’horizon 2018, à 60 milliards de dollars paraît quelque peu alarmiste et ne reposant pas sur des hypothèses probantes ».

Toute la politique socio-économique algérienne actuelle est concernée et doit être réorientée de façon à avoir des objectifs stratégiques précis, sans la prise de gros risques.

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