Comment relancer le logement social au Maroc ?
#ASavoir #Actualite #BuzzNews #Economie #EnDirectDe #MAROC
Ecomnews Med Redaction
vendredi 26 août 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 26 Août 2016 à 08:51

Le logement social au Maroc souffre depuis quelques années d’une baisse de la demande. Celle-ci s’explique par plusieurs facteurs. Explications…

Le Maroc a pris pour exemple les politiques françaises en matière de logement social pour résorber le déficit en matière de logement.

En 1996, le programme des 200 000 logements fut lancé, suivi en 2010 par le plan de relance du logement social 2010-2020, qui vise à aider les ménages à faible revenu à accéder à la propriété et à encourager les promoteurs immobiliers à prendre part à ce challenge. Seulement, nous assistons depuis quelques années à un essoufflement de ce secteur qui pâtit de nombreux contretemps

Les (nombreuses) raisons de l’essouflement

Le secteur du logement social au Maroc se trouve aujourd’hui confronté à un certain nombre d’obstacles qui compromettent l’objectif de résorber le déficit estimé initialement à plus de 900 000 logements. Dès 2012, le secteur a commencé à présenter des signes d’essoufflement en raison des défaillances administratives et de la baisse conjoncturelle de la demande.

Le bilan s’avère d’autant plus critique pour les petits professionnels qui ont subi de plein fouet les conséquences du dispositif du logement social à 250 000 dirham hors TVA (soit à peu près 22 895,91 euros) , entré en vigueur en 2010. La surproduction dans les villes à faible potentiel et la déconnexion entre l’offre et la demande sont également pointées du doigt.

Selon de nombreux spécialistes, la baisse de la demande est surtout due au produit en lui-même. En effet, les espaces résidentiels proposés sont extrêmement denses et se situent à la périphérie des villes. Si certains n’y voient que des cités-dortoirs, d’autres vont encore plus loin en les qualifiant de « cages à poules » qui manquent cruellement d’agencement, d’ensoleillement, de confort acoustique et thermique et d’attractivité architecturale.

Les promoteurs immobiliers et les entreprises de construction ont longtemps privilégié la rapidité d’exécution et de production à la qualité de la finition. Les économies sur les matériaux et l’optimisation des espaces ont permis des gains atteignant jusqu’à 100% sur chaque unité livrée. Pour toutes ces raisons, de nombreux ménages préfèrent la location à l’acquisition d’un logement social.

Comment redonner confiance au consommateur ?

En misant sur la quantité durant les deux dernières décennies, le gouvernement et les promoteurs immobiliers sont, certes, parvenus à réduire le déficit en logements. De plus, le plan « Villes sans bidonvilles » a permis à des centaines de milliers de ménages d’accéder à la propriété et de bénéficier de meilleures conditions de vie.

Cependant, les consommateurs, notamment ceux de la classe moyenne, exigent aujourd’hui un relèvement du niveau de qualité de la production. Pour ce faire, le ministère de l’habitat se penche sur le projet de modernisation de l’arsenal juridique réglementant la qualité dans le logement. Cela concerne les réglementations parasismique et thermique ainsi que l’isolation phonique.

Le ministère projette également d’améliorer la qualité du bâti via les cahiers des charges imposés aux programmes d’habitats conventionnés. Enfin, le Code de la construction, qui tarde à voir le jour, permettra, une fois adopté, d’encadrer le secteur tout au long du processus de construction. Les promoteurs, eux, sauront mieux cerner la notion de qualité dans le logement et n’auront qu’à respecter les règles prévues par ce code.

Nabil Benabdallah, ministre de l’Habitat, fait de ce projet de réforme son cheval de bataille et promet de le finaliser avant la fin de son mandat. « Je ferai le nécessaire pour le faire adopter en Conseil de gouvernement au cours des années restantes de mon mandant », a-t-il promis. Affaire à suivre…

A lire également :

Réforme des retraites au Maroc : un mal nécessaire

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *