Focus sur les maux de l’économie tunisienne
#ASavoir #Actualite #AnalyseEconomique #AvisDExperts #BuzzNews #Economie #Emploi #EmploiFormation #EnDirectDe #Politique #TUNISIE
Ecomnews Med Redaction
vendredi 26 août 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 26 Août 2016 à 09:15

La Tunisie post-révolution fait face à de nombreux défis économiques, sociaux et sécuritaires, mais les perspectives sont prometteuses. Décryptage…

En dépit d’une croissance solide et durable, d’une forte attractivité pour les investisseurs étrangers et d’indicateurs satisfaisants dans la santé, l’éducation et l’égalité des sexes en comparaison avec ses voisins du Maghreb, la Tunisie a connu en 2011 une transformation politique qui s’est par la suite étendue à l’ensemble de la région, impulsée par la volonté des Tunisiens d’aboutir à une société démocratique inclusive qui trancherait avec la croissance à deux vitesses et les disparités criantes.

Ce billet vous propose un tour d’horizon des principaux défis de l’économie de la Tunisie post-révolution comme ils ont été énoncés par le dernier rapport de l’OCDE

Chômage des travailleurs qualifiés et boom du secteur informel

Depuis son indépendance, la Tunisie a engagé une batterie de réformes en s’appuyant sur trois piliers : un Etat fort dans ses fonctions régaliennes au détriment de certaines libertés civiques, une politique volontariste en ce qui concerne l’éducation, la condition de la femme et le développement des infrastructures et enfin un modèle économique basé sur une large ouverture commerciale sur le monde.

Si les bons résultats macroéconomiques confortent ce modèle de développement, les indicateurs socio-économiques font état d’un taux de chômage élevé parmi les diplômés et de disparités sociales importantes.

La dette publique conséquente et le déficit de la balance commerciale sont également quelques uns des points noirs de la Tunisie. Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage caracole à 15,6% (août 2016), soit plus que la plupart des autres économies émergentes. Il touche particulièrement les femmes et les jeunes travailleurs « très qualifiés », ce qui encourage l’émigration de ces derniers.

Notons également que le secteur informel et la contrebande gagnent du terrain dans les régions les plus défavorisées, ce qui impacte négativement la scolarisation ainsi que les recettes fiscales. Ce constat est toutefois partagé avec les autres pays du Maghreb.

Une large marge de manœuvre

Malgré les nombreux défis auxquels elle doit faire face, la Tunisie « dispose d’une large marge de manœuvre pour améliorer la croissance de sa productivité et de ses taux d’emploi, tout en continuant de lutter contre les inégalités et la pauvreté par une meilleure utilisation du capital humain accumulé », selon le rapport de l’OCDE dédié à la Tunisie dans la série « Politiques meilleures ». Les principales recommandations de l’OCDE peuvent être résumées comme suit :

  • Améliorer la gestion du secteur bancaire en élargissant les audits systématiques à l’ensemble des établissements de crédit et autres sociétés de financement, et déposer le bilan des banques non viables ;
  • Réformer la politique de recrutement dans le secteur public en favorisant l’embauche des nouveaux diplômés
  • Améliorer les conditions de travail des salariés du privé : prolongement des congés de maternité et de paternité, mettre en place une assurance pour la perte d’emploi…
  • Renoncer à contrôler les prix des produits agricoles pour améliorer la situation des agriculteurs, tout en optimisant la gestion des parcelles étatiques ;
  • Donner plus d’autonomie et de prérogatives aux collectivités locales et renforcer le rôle du Premier ministre ;
  • Œuvrer pour la réduction du délai moyen d’attente à la frontière, principalement dans les ports, pour stimuler les échanges et gagner en compétitivité

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *