L’économie libanaise émet des signaux négatifs
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Ecomnews Med Redaction
vendredi 26 août 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 26 Août 2016 à 08:58

L’économie libanaise pâtit aussi bien de la crise politique chronique dont souffre le pays que du contexte régional très tendu. Eclairage !

Les économistes libanais s’accordent sur la morosité de l’économie libanaise. La croissance très faible et la paralysie politique risquent d’entraîner le pays du Cèdre dans une situation beaucoup plus grave, à l’issue imprévisible. Et le contexte géopolitique extrêmement tendu ne fait qu’exacerber davantage la situation. Explications…

La notation souveraine du Liban en dégringolade

Fitch Ratings a dégradé en juillet dernier la note souveraine du Liban, qui passe de « B » à « B- » pour les titres de dette souveraine émis en devises et en livres libanaises. L’organisme a tout de même relevé sa perspective de « négative » à « stable ».

Les autres notes de défaut émetteur du Liban ont subi le même sort, à l’exception de celle de court terme en devises, maintenue à « B ». Avant Fitch, Standard & Poor’s (S&P) avait dès novembre 2013 revu la note du Liban de “B” à “B-“. Moody’s lui a emboîté le pas en décembre 2014 en dégradant la note du pays de « B1 » à « B2 ».

Comme on pouvait s’y attendre, Fitch explique sa décision par la situation explosive au Moyen-Orient, mais pas seulement. L’agence a également pointé du doigt la longue période de vacance présidentielle, la paralysie politique et la détérioration des services publics.

L’état des finances est également en cause. En effet, en 2015, la dette publique du Liban a été estimée à 136,7 % du PIB national, soit l’une des plus élevées au monde. Le déficit public s’accentue chaque année un peu plus et les économistes s’attendent à ce que cette tendance se maintienne au moins jusqu’en 2018 en l’absence d’une réforme fiscale adéquate doublée d’une rationalisation des dépenses publiques.

Le ralentissement de la croissance des prêts accordés au secteur privé inquiète également Fitch qui y voit un signe de pression sur la solvabilité du pays, même si l’agence de notation estime que le niveau des dépôts dans les banques libanaises, estimé à 151,6 milliards de dollars en 2015, est rassurant. Quant à la croissance économique du Liban, les prévisions de Fitch ne dépassent pas les 2%, dans le meilleur scénario, malgré des cours du brut oscillant entre 40 et 50 dollars le baril.

Des IDE en baisse

Si la dégradation de la note du Liban n’aura pas d’impact immédiat sur la dette publique, il n’en reste pas moins vrai qu’elle aura des conséquences négatives sur les investissements directs étrangers (IDE), d’autant plus que ceux-ci ont déjà baissé de 19,4% en 2015, selon les chiffres de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publiés dans la mouture 2016 du World Investment Report.

Les flux d’IDE ont représenté 4,6% du PIB libanais en 2015. C’est le taux le plus bas jamais enregistré depuis 1996. Toujours selon les chiffres de la Cnuced, compilés par FDI Markets, les IDE dans de nouveaux projets au Liban, ou Greenfield*, ont baissé de 93,7% en 2015.

Riad Salamé, gouverneur de la Banque centrale du Liban (BDL), a déclaré dans une interview accordée à Reuters, en réaction à la dégradation de la notation souveraine de son pays par Fitch, que « le Liban a besoin de s’activer. Le temps que nous perdons a un coût ». Le gouverneur s’est néanmoins voulu rassurant en affirmant que la BDL continuera à stabiliser l’économie libanaise, en attendant que le gouvernement soit en mesure d’adopter un budget et se pencher sur les nombreux maux qui freinent la croissance.

 

* Greenfield : implantation de filiales entièrement nouvelles à l’étranger, principalement dans des pays en voie de développement.

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