L’Afrique du nord et le Moyen-Orient, futur théâtre de guerres de l’eau ?
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Karl Demyttenaere
mercredi 31 août 2016 Dernière mise à jour le Mercredi 31 Août 2016 à 10:54

Barrage sur le Nil, oppositions sur le Golan… les tensions dans cette partie du monde sont nombreuses concernant l’eau. Selon certains analystes, « l’or bleu » pourrait prendre la place de l’ « or noir » dans les conflits.

Depuis des siècles, jamais deux nations ne se sont opposées dans une guerre de l’eau, sauf les deux cités-Etats Lagash et Umma en Mésopotamie en 2500 avant notre ère. Mais cela pourrait bien changer…

En effet, en août de l’année dernière, des rebelles opposés à Bachar Al Assad en Syrie ont saboté une source d’eau à quelques kilomètres au nord de Damas privant la capitale syrienne de 90% de son approvisionnement en eau durant 3 jours. Un exemple de l’importance cruciale que prend l’eau dans les conflits actuels.

Comme le confirme le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) français « avoir accès à l’eau est devenu un enjeu économique puissant à l’échelle planétaire, qui pourrait devenir, dans le siècle à venir, l’une des premières causes de tensions internationales ».

Des tensions régionales

Et pour cause, selon les estimations, 40% de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe, ce qui oblige les Etats à coopérer. « à ce jour, on recense environ 200 traités de coopération qui ne couvrent que 60 bassins fluviaux » note Alexandre Taithe, chargé de recherche pour la Fondation pour la recherche stratégique, pour nos confrères des Echos.

Un nombre insuffisant étant donné le nombre de problématiques internationales sur l’eau qui existent. Par exemple, en Afrique, la construction par l’Ethiopie du grand barrage Renaissance et de stations de retenues d’eau sur le Nil bleu contrarie l’Egypte. Le Caire se référe à un traité de 1929 lui attribuant les 2 tiers des ressources en eau et un droit de veto sur les projets concernant le fleuve légendaire. Un droit de veto dénoncé en 2010 par l’Ethiopie, le Burundi, la Tanzanie, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda qui ont signé un nouvel accord.

Autre sources de tensions, l’opposition entre Israël et la Syrie pour le contrôle du plateau du Golan, annexé en 1981 par Israël. Une zone sur laquelle on retrouve les sources d’une partie des affluents du Jourdain, représentant 35% de l’alimentation en eau de l’Etat Hébreu.

Plus globalement, d’après un rapport spécial de la Banque mondiale sur le réchauffement climatique, « près de 1,6 milliards de personnes – presque un quart de l’humanité – vit dans des pays ayant une rareté physique en eau. Et d’ici 20 ans, ce chiffre pourrait doubler ».

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