Marché de l'or en Algérie : premières réserves en Afrique, et pourtant…
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Ecomnews Med Redaction
vendredi 16 septembre 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 16 Septembre 2016 à 09:49

Si elle repose sur les premières réserves du continent, la filière de l’or accuse de nombreux problèmes qui poussent les artisans joaillers algériens à la faillite.

Dire que le sol algérien est riche en ressources naturelles est un euphémisme. Pourtant, les échos qui nous proviennent de certaines filières du secteur primaire contrastent avec cette réalité.

Il est de notoriété générale que l’Algérie dispose d’un des stocks d’or les plus importants du continent, mais aussi du monde arabe. Pourtant, les artisans joaillers déposent le bilan les uns après les autres. Ecomnews Med fait le point sur la situation d’une filière pas si dorée que ça…

Le triptyque inferne des artisans joaillers

Anarchie, informel et fraude. C’est le triptyque qui a conduit près de 70% des artisans joaillers à mettre la clé sous le paillasson. Il faut dire que l’adhésion de l’Algérie à la Grande zone arabe de libre-échange (GZALE) en 2009 a fini par éteindre une filière à l’agonie, notamment en apposant la franchise d’impôt à plusieurs produits, dont l’or.

Résultat ? Les importations en or ont cru de manière exponentielle. Les importations pour le seul trimestre 2013 « dépassaient les 3,6 milliards de dinars (approximativement 29 millions d’euro), soit trois fois la facture d’importation de 5 ans (avant l’adhésion à la GZALE, ndlr) », selon Belkacemi Mohamed, coordinateur général du bureau exécutif de la wilaya d’Alger des artisans joaillers.

Cette inondation dorée provient en grande partie de Dubaï, d’où les barons de l’importation s’approvisionnent pour ensuite soumettre les artisans algériens à une concurrence déloyale : l’or « fini » importé était vendu à petit prix aux bijoutiers, tandis que les artisans joaillers qui travaillaient l’or « cassé » ou brut pour en faire des bijoux ou des assortiments n’arrivaient pas à s’aligner avec les prix de vente des « barons ».

Des “mesurettes” insuffisantes

L’Etat a certes tardé à contrer ce phénomène, mais les mesures prises en octobre 2013, complétées par la suite par certaines dispositions de la loi de finance 2014 ont momentanément redonné espoir aux artisans joailliers, même si le mal reste profond.

Ainsi, l’Etat s’est ravisé pour exclure l’or des produits concernés par la franchise de douane, mais c’était sans compter sur la créativité de certaines importateurs opportunistes. En effet, tirant profit de la naïveté et surtout de l’illettrisme de certains artisans, ils ont rempli des ordres d’importation en leur nom, avec leurs agréments, les laissant souvent dans des situations de redressement fiscal et de poursuites judiciaires.

L’état actuel de la filière est d’autant plus regrettable lorsque l’on sait que l’Algérie dispose de réserves d’or estimées à 173,6 tonnes, lui valant une 25e place mondiale, un podium dans le Monde arabe (3e) et la tête en Afrique.

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