Ilyas El Omary : portrait d’un personnage hors du commun
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Ecomnews Med Redaction
jeudi 22 septembre 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 22 Septembre 2016 à 08:50

Ilyas El Omary, secrétaire général du PAM, a toutes ses chances de briguer un mandat lors des prochaines élections législatives prévues le 7 octobre au Maroc.

Ilyas El Omary, président de la région Tanger-Tétouan-El-Hoceïma et secrétaire général du Parti Authenticité et Modernité (PAM)

Personnage à controverse, Ilyas El Omary est une figure emblématique du Maroc contemporain. Ce rifain natif du douar d’Imnoud, situé dans la commune de Nekkor, près d’Al Hoceïma, suscite autant la fascination et le respect chez ses partisans que la crainte et la méfiance chez ses adversaires politiques, et pour cause ! Il est l’adversaire numéro 1 d’Abdelilah Benkirane, le Chef du gouvernement sortant et secrétaire général du PJD, le parti islamiste au pouvoir, et conserve toutes ses chances d’être le prochain chef du gouvernement marocain. Eclairage…

Des montagnes du Rif à Rabat

Né le 1er janvier 1967, Ilyas El Omary est issu d’une famille rifaine modeste composée de 13 enfants. Son père a fait des études de théologie à Fès, à la prestigieuse université Al Qaraouiyine, avant de devenir fqih dans une mosquée de son village. Inscrit à l’école, Ilyas trouvera des difficultés à s’adapter au bilinguisme, les cours étant dispensés uniquement dans la langue arabe, lui dont la langue maternelle est le Tarifi (NDLR : Le Tarifitne est une langue berbère parlée dans la région du Rif, au nord du Maroc).

Exposé à la risée des enseignants, il garda de cette époque des séquelles qui vont contribuer à forger sa personnalité à la fois révoltée et déterminée. D’ailleurs, il ne tardera pas à se faire renvoyer de l’école, vers la fin de ses études primaires, pour avoir critiqué la qualité du café servi à la cantine. Ilyas El Omary considère que cet incident constitue son vrai virage vers la politique.

Il rencontre des militants de gauche, devient fidèle de leurs débats politiques et lit tous les livres qu’ils lui recommandent. Lors des événements de 1984 dans le Rif, ayant éclatés en réaction à l’assaut donné par la police contre les étudiants rifains qui logeaient dans la cité universitaire d’Oujda, Ilyas, lui, préfère retourner dans son village natal par crainte de son père. Or, à son arrivée à la maison, celui-ci lui signifie qu’il n’est pas fier d’être le père d’un « lâche ». Lorsque la situation explose à Imzouren, dans la province d’El Hoceïma, il sera parmi les jeunes ayant occupé le bureau du khalifa. Il fut renvoyé de son lycée et ne sera accepté dans aucun autre établissement. Il déserte sa région natale et se déplace sous de fausses identités pour échapper à la police. Il apprendra, après 5 mois, qu’il a été condamné par contumace à cinq ans de prison ferme. Il logeait alors à la cité universitaire Dhar El Mehraz à Fès, considérée alors comme une forteresse impénétrable des extrêmes gauches.

Il prendra ensuite, contre toute logique, la direction de la capitale où il va pratiquer différents petits boulots tout en gardant des liens avec ses « camarades ». Il fréquente régulièrement la cité et participe aux débats publics organisés contre les étudiants du mouvement islamiste. On comprend dès lors la virulence qui caractérise son discours envers les islamistes, notamment ceux du PJD. En 1989, il apprend qu’il figure parmi les condamnés politiques graciés par Hassan II.

La rencontre avec El Himma : un tournant décisif

Ilyas El Omary retrouve une vie normale et décroche un travail stable dans une maison d’éditions. Il se lance, en 1992, dans le commerce de papier et quelques années plus tard, il ouvre sa propre maison d’éditions, mais ne tardera pas à mettre les clés sous la porte. En 1999, sa rencontre avec Fouad Ali El Himma, l’ami intime du roi Mohammed VI, lui ouvre de nouvelles perspectives. En 2001, il est nommé membre de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe) et est reçu, à cette occasion, par le roi en personne. En 2004, il fait partie des sages de la HACA (Haute Autorité de la communication audiovisuelle).

Il côtoie désormais le premier cercle du roi et intrigue formations politiques et médias. Tous les projecteurs sont tournés vers lui. Sa proximité avec Fouad Ali El Himma et la création du PAM (Parti Authenticité et Modernité), le 7 août 2008, ne feront qu’augmenter les interrogations et les spéculations autour de lui.

Membre fondateur du MTD (Mouvement pour tous les démocrates), Ilyas El Omary est élu, en 2012, secrétaire général adjoint. Il lance, en 2015, un groupe de presse de 16 titres et remporte, la même année, la présidence de la région Tanger-Tétouan-El-Hoceïma. Il est, depuis le 24 janvier 2016, le secrétaire général du PAM. Sa notoriété doit beaucoup aux nombreux mystères et zones d’ombres qui entourent sa vie.

Crédit photo : HEM Casablanca

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