Hamid Chabat : portait d’un homme politique ambitieux
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Ecomnews Med Redaction
vendredi 30 septembre 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 30 Septembre 2016 à 12:15

Hamid Chabat, secrétaire général du parti de l’Istiqlal, figure parmi les grands favoris du scrutin du 07 octobre prochain au Maroc. En voici le portrait.

Hamid Chabat, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, figure parmi les protagonistes à suivre lors des élections législatives du 07 octobre au Maroc.

Ce personnage au parcours singulier a su s’imposer comme un acteur politique majeur, aussi bien au sein de son parti que sur la scène politique du Royaume. Il s’est peu à peu imposé comme un stratège et un tacticien à ne pas sous-estimer, malgré le populisme et une certaine maladresse politique qui peut parfois caractériser ses déclarations et discours.

Eclairage sur le parcours de cet homme politique qui tiendra tête à Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain, lors du prochain scrutin.

Un syndicaliste pur et dur

Né en 1953 dans un petit village des « Braness », dans la région de Taza, Hamid Chabat est le fils d’un ancien résistant de l’armée de libération et membre de l’Istiqlal. Il obtient son brevet à la fin des années 1960 à Chaouen et s’inscrit à 23 ans dans un institut de formation professionnelle où il décroche un diplôme de technicien spécialisé en mécanique.

Il trouve facilement un emploi au sein de la société des industries mécaniques et électriques de Fès, dédiée à la fabrication de moteurs électriques (SIMEF) où il occupe un poste de chef de service. Ses tendances militantes et syndicalistes se révèlent au grand jour. Il militera notamment pour la création du premier bureau syndical au sein de la SIMEF en 1975, pour lequel ils choisissent les couleurs de l’UGTM, syndicat de l’Istiqlal.

Au début des années 1980, le jeune Hamid se marie et s’installe à Bensouda, alors encore une commune rurale où les bidonvilles poussent comme des champignons à cause de l’exode rural. A peine installé dans son nouveau quartier, il crée un secrétariat local du parti de l’Istiqlal. D’ailleurs, Chabat habite toujours dans ce même quartier populaire qui constitue à ce jour son QG. A 36 ans, le jeune syndicaliste se présente comme candidat au secrétariat général de l’Istiqlal face à un poids lourds du parti : M’hammed Boucetta.

Malgré cet épisode qui se solde par un cuisant échec, le jeune militant en ressort plus déterminé que jamais à gravir les échelons politiques. En 1990, les principales centrales syndicales du Maroc lancent une grève générale. A Fès, qui ne fait pas exception, Chabat s’impose comme l’un des principaux orchestrateurs de cette démonstration de force contre le gouvernement, suscitant la colère de Driss Basri, le tentaculaire ministre de l’intérieur et bras droit du roi Hassan II. Celui-ci tente tout pour faire échouer ce mouvement de protestation.

Fès est en feu et la liste des victimes s’alourdit. Hamid Chabat est alors recherché par la police et prend la fuite avec sa famille, se déplaçant de ville en ville pendant plusieurs mois. Lorsque la situation s’estompe, il rentre à Fès mais il est souvent soumis à des interrogatoires de police. Il est désormais considéré comme un grand militant et est même qualifié de « héro populaire » par ses sympathisants.

Il n’hésite pas d’ailleurs à utiliser les incidents de 1990 à des fins politiques. Fort de son nouveau statut, il se présente deux ans plus tard aux élections communales et devient vice-président, puis président de la commune de Zouagha. Il remporte un siège au parlement en 1997 et se consacre désormais à plein temps à la politique.

De la mairie de Fès au Secrétariat général de l’Istiqlal

En 2002, il arrive à conserver son siège de député face à Lahcen Daoudi, membre du PJD,  et l’année suivante il est élu maire de la ville de Fès. En 2005, il arrive à déchoir Abderrazak Afilal du poste de SG de l’UGTM qu’il occupait depuis sa création en 1960.

En 2009, il devient membre du comité exécutif de l’Istiqlal et accapare la présidence de l’UGTM, mais ses ambitions sont encore plus grandes. Fidèle à son style souvent populiste, il déclare, en 2010, quelques mois après l’éclatement du printemps arabe et la création du Mouvement du 20 février au Maroc, qu’il ne peut qu’être « un supporter du Mouvement, du moment que Chabat veut dire février au Moyen-Orient ». (sic)

En réponse à ce printemps arabe aux répercussions incalculables, le Roi Mohamed VI lance en 2011 une réforme constitutionnelle adoptée avec 98% de « oui », suivie dans la foulée par des élections anticipées.

Hamid Chabat passe avec brio cette étape sensible et cruciale dans l’histoire du Maroc. Malgré la victoire très confortable du PJD, Chabat est convaincu que l’Istiqlal a son mot à dire et doit être présent dans le gouvernement. Abbas El Fassi, SG de l’Istiqlal, fait main basse sur les négociations avec le PJD et privilégie ceux de son clan.

En l’absence d’un consensus général au sein de l’Istiqlal pour le successeur d’Abbas El Fassi dont le troisième mandat exceptionnel à la tête du secrétariat général du parti est arrivé à son terme, Hamid Chabat annonce sa candidature en grandes pompes.

Il se veut le représentant de l’aile opposée au clan El Fassi au sein de l’Istiqlal et parvient à obtenir le soutien de la Jeunesse du parti, lassée de voir leur formation politique dérobée par une petite minorité aux immenses privilèges. Son rival, Abdelouahed El Fassi, ne réussira pas à contrer son ascension. Le 23 septembre 2012, Hamid Chabat est déclaré secrétaire général de l’Istiqlal avec 20 voix d’écart. Il réalise ainsi un rêve qu’il a toujours caressé. Pourra-t-il éviter les contretemps qui ont entravé sa campagne en 2011 ?

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