La situation économique actuelle de l'Algérie est-elle comparable à celle des années 90 ?
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Selim Ben Taziri Rosa
vendredi 21 octobre 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 21 Octobre 2016 à 09:41

L’effondrement des prix du pétrole a eu un impact majeur et parfois déstabilisant sur les pays fortement tributaires des exportations de pétrole et de gaz naturel. Un rapport compare cet impact entre la crise économique de l’Algérie actuelle et celle des années 1980.

La School of International and public Affairs (SIPA), de la prestigieuse Université de Columbia a publié, le 10 octobre, un rapport sur « l’impact des bas prix du pétrole sur l’Algérie ». Cette analyse étudie le rapport entre la crise économique de l’Algérie actuelle comparée à celle des années 1980.

L’Algérie continue de s’accroître malgré la crise pétrolière

Le rapport indique que l’économie algérienne a continué de s’accroître malgré les bas prix actuels et a été en mesure d’éviter une récession économique comme celle vécue entre 1986 et 1988. Tout cela malgré la baisse des revenus de pétrole et de gaz depuis l’année 2014. « Ceci permet à Alger plus de marge sur le court terme pour contrôler le rythme et la profondeur des mesures d’austérité et de réformes » selon le rapport.

L’Algérie serait suffisamment équipée pour surmonter un ralentissement du marché, en comparaison à plus de 30 ans en arrière. En outre, la baisse de croissance du Produit intérieur brut (PIB) actuelle n’est pas aussi importante que la récession sévère et prolongée auquel elle a fait face entre 1986 et 1988.

Effectivement, la croissance du PIB algérien était extrêmement faible en 1988. Depuis 2014, il reste au-dessus du seuil des 2%. Le fond de régulation des recettes a quant à lui chuté de 30%. Le dinar algérien a chuté de 30% par rapport au dollar américain.

Un pays jalonné d’obstacles 

Les obstacles économiques et politiques que le pays a rencontré aux cours de ses trente dernières années lui a tout de même permis de s’endurcir et de gagner en expérience. La guerre civile meurtrière des années 90 et le printemps arabe ont obligé les forces de sécurité à mieux s’entrainer, s’informer et s’équiper.

Le rapport admet qu’ « il n’est même pas clair comment un pouvoir exécutif dépourvu du leadership d’un président malade puisse se lancer dans des réformes structurelles significatives sans être submergé par des soulèvements populaires et des complots de palais ».

L’étude s’intitule « The impact of low Oil prices on Algeria » et a été rédigée par Gonzalo Escribano, professeur d’économie appliquée dans une université espagnole. Mr. Escribano conclu, après les 17 premières pages du rapport, que malgré la détérioration de l’économie algérienne depuis 2014, l’Algérie ne semble pas se diriger une deuxième fois vers la crise économique des années 90 et encourage les entreprises énergétiques internationales à s’engager à prendre plus de gaz algérien afin de se positionner en amont et obtenir de meilleures conditions.

Pour en savoir plus sur l’économie algérienne, découvrez cette chronique sur Europe 1 : Chute du cours du pétrole – L’Algérie prise à la gorge

 

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