Comment le modèle israélien de la production de séries veut s’exporter en France
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Karl Demyttenaere
mercredi 21 décembre 2016 Dernière mise à jour le Mercredi 21 Décembre 2016 à 14:52

Patrick Drahi, propriétaire du groupe SFR en France, souhaite développer la production de séries dans ce pays. Il compte bien s’inspirer de ce qu’il a su mettre en place avec son opérateur télécoms Hot en Israël.

L’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi veut coproduire des séries en France et financer le 7ème Art. D’après les informations de nos confrères du journal Les Echos il investit aujourd’hui autour de 800 millions d’euros dans les contenus télévisuels en France avec son entreprise Altice. Celle-ci assure que, malgré le poids de sa dette de 50 milliards d’euros, elle peut financer son développement dans les médias.

Appliquer la recette israélienne ?

Quelle est la stratégie de Patrick Drahi pour réussir en France dans la production de contenus ? Ses succès en Israël dans le même domaine peuvent être une source d’inspiration. En effet, il a racheté en 2009 dans l’Etat Hébreu de l’opérateur télécoms Hot puis quatre ans plus tard l’opérateur Mirs avant de décrocher une licence de téléphonie mobile.

Hot est actuellement à la deuxième position sur le marché du fixe en Israël mais en pole position de la télévision avec pas moins de 60% de part de marché, devant l’opérateur satellite Yes. Bien que ne possédant seulement 2 chaînes de télévision, Hot 3 et Hot plus, Hot en distribue plus de 190.

Hot est connu (et reconnu) pour ses séries. En effet, elle en achète 150 par an, sans compter ses propres productions. Et pour cause, en Israël, la législation contraint Hot à consacrer 8% de son chiffre d’affaires à la production de séries, un seuil que l’opérateur a largement dépassé puisqu’il mobilise 9,5% de son CA soit 87,7 millions d’euros.

Un modèle solide

L’opérateur Hot produit à bas coût, un épisode de fiction coûtant 200 à 250 000 dollars (contre 600 000 environ en France et 2 millions aux Etats-Unis). « On ne travaille pas épisode par épisode, comme aux Etats-Unis. Par exemple, les scènes d’une série au restaurant, on les tourne toutes ensemble » explique Yoram Mokady, vice-président de Hot, à nos confrères des Echos.

Salaires moins élevés, consignes spécifiques données aux auteurs… les structures israéliennes veulent réduire les coûts de production. Malgré tout, les séries restent difficilement rentables sur un petit marché de 8 millions de personnes. Atteindre la rentabilité constitue un véritable défi d’autant que la publicité est interdite sur les chaînes du câble.

Des projets communs à l’horizon

Ce modèle a fait naître des séries aux succès internationaux. Hot a ainsi produit Hatufim, dont le scénario a été racheté par la Fox avant même la diffusion du premier épisode en Israël en 2008, série ayant inspiré Homeland. Mais déjà, la concurrence de Netflix (qui commence à sous-titrer ses contenus en hébreu) pourrait remettre en cause cette situation

Pour le moment, Patrick Drahi veut utiliser son expérience réussie en Israël pour réitérer le succès en France avec SFR. Déjà, il a cofinancé une première production « Les Medicis » et vient de racheter une série intitulée « Sirènes » à l’opérateur Hot. Un projet de coproduction SFR-Hot serait d’ailleurs à l’étude. La suite… au prochain épisode !

Pour en savoir plus sur l’économie d’Israël, découvrez notre vidéo avec l’ensemble des chiffres clés sur l’Etat Hébreu :

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