Le gâchis de la filière du marbre au Maroc
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Ecomnews Med Redaction
vendredi 6 janvier 2017 Dernière mise à jour le Vendredi 6 Janvier 2017 à 10:01

La filière du marbre au Maroc accuse l’absence d’un cadre législatif en dépit des réserves conséquentes affichées par le Royaume. Explications…

Seules 10% des réserves marocaines de marbre sont exploitées. C’est le triste constat que font les professionnels de la filière qui déplorent l’absence de cadre législatif et les lenteurs administratives. Le point avec Ecomnews Med…

Un manque à gagner colossal pour le Royaume

Un gâchis. C’est le mot qui revient le plus auprès des professionnels marocains de la filière du marbre. Alors que le Royaume dispose de réserves conséquentes estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes, la production stagne à un peu moins de 300 000 tonnes de blocs bruts à faible valeur ajoutée chaque année, soit 0,37% de la production mondiale selon les chiffres publiés par nos confrères de L’Economiste (édition du jeudi 29 décembre 2016).

Le manque à gagner est colossal pour les caisses du Royaume : seuls 20% des marbriers s’adonnent à la transformation des blocs en tranches et carreaux. Les autres se contentent d’exporter le marbre brut tel qu’il est extrait des carrières vers l’Italie, la Turquie et surtout l’Espagne. Ces pays se chargent de le sublimer et de le vendre à prix d’or. En plus de passer à côté d’une belle occasion de booster ses exportations, le Maroc se prive de la mention « Made in Morocco » sur un produit très prisé.

Lourdeurs administratives : un cas d’école

Comme souvent, c’est l’absence d’un cadre législatif clair qui empêche la structuration de la filière du marbre. Le processus d’obtention de l’autorisation d’exploitation de carrière est en ce sens un cas d’école des tergiversations bureaucratiques.

Le précieux sésame ne pourra être délivré qu’après « la mise en place d’une commission préfectorale ou provinciale présidée par le gouverneur en présence des représentants des organismes concernés et délégués provinciaux des ministères charges de la Santé, du Commerce et de l’industrie et de l’Aménagement du territoire », expliquent nos confrères du site le360.

Pour compliquer la chose davantage, les carrières sont régies par des régimes différents en fonction de la nature du terrain qu’elles occupent. Gageons que le prochain gouvernement Benkirane se penchera sur cette problématique après sa mise en place…

Pour en savoir plus sur les grands enjeux économiques au Maroc, découvrez notre interview inédite de son ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy :

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