La Tunisie face à l’exil de ses médecins
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Karl Demyttenaere
mardi 31 janvier 2017 Dernière mise à jour le Mardi 31 Janvier 2017 à 11:14

Précarité, rémunération, manque de considération… les raisons sont nombreuses pour amener les médecins tunisiens à quitter leur pays. Notre enquête sur un phénomène qui se développe en Tunisie.

Fin de l’année dernière ont été publiés les résultats du concours annuel d’équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer en France. Les noms à consonance tunisiennes constituent un contingent très importants : près du tiers des lauréats sur les 450 postes ouverts.

Par exemple, la moitié des places en gynécologie-obstétrique ont été attribué à des spécialistes tunisiens, tout comme en anesthésie-réanimation. Cet exode se confirme alors même que les conditions pour exercer en France ne sont pas forcément idéales… 

La France, un réel El Dorado ?

Même si la France forme annuellement dix fois plus de médecins que la Tunisie (8 000 contre 800), elle se dirige vers une importante crise. La France compte une densité de 3,3 médecins pour 1 000 habitants, ces chiffres cachent d’importantes disparités géographiques. 

Cependant, il faut noter qu’un médecin spécialiste avec un diplôme étranger et ayant passé l’équivalence touche une rémunération mensuelle très inférieure (2 500 euros) à son collègue diplomée d’une faculté de médecine française en début de carrière (4 000 euros)

Malgré cette situation, beaucoup de médecins de la santé publique tunisienne traversent la Méditerranée. 

Un contexte difficile en Tunisie

Les médecins tunisiens souffrent d’un contexte délicat. En effet, plusieurs professionnels témoignent d’une situation qui s’est dégradée depuis la chute de Ben Ali en 2011. Les agressions deviennent plus nombreuses à l’hopital. 

Les professionnels de la santé reprochent également aux médias qui traitent en particulier des erreurs médicales 

Parallèlement, le secteur privé tunisien a été fragilisé par l’effondrement de la clientèle libyenne, qui pouvait, certaines années, représenter jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires des cliniques. Ainsi, la médecine privée tunisienne n’offre plus assez de débouchés aux 800 jeunes praticiens qui sortent annuellement des quatre facultés de médecine du pays.

Certains optent pour la France, mais d’autres choisissent l’Allemagne, malgré la barrière de la langue. En effet, les études de médecine sont réputées moins exigeantes et le pays manque de praticiens.

Pour en savoir plus, découvrez notre vidéo sur les investissements étrangers en Tunisie :

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