Sur le milliard d’euros attendu, la Tunisie n’a réussi à lever que 850 millions d’euros
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Diane Janel
mardi 21 février 2017 Dernière mise à jour le Mardi 21 Février 2017 à 09:09

Les critiques émises par le Fonds Monétaire International et l’agence Fitch Ratings à l’encontre de la Tunisie sont à l’origine de l’euro-obligation décevante.

Selon un communiqué du ministère des Finances, la Tunisie n’a pas réussi à obtenir l’argent escompté dans le cadre de sa nouvelle émission d’euro-obligations effectuée le 10 février. Sur le milliard d’euros attendu, le pays n’a réussi à lever que 850 millions d’euros.

Une somme insuffisante, puisque le ministère des Finances tunisien avait annoncé en décembre dernier que ce pays d’Afrique du Nord aura besoin de 8,5 milliards de dinars (3,71 milliards de dollars) d’emprunts extérieurs en 2017 pour couvrir le déficit budgétaire.

La Tunisie, une mauvaise élève ? 

La note souveraine accordée à la Tunisie par l’agence de notation financière internationale “Fitch Ratings” est en partie responsable de cet echec. À la veille du road show lié à l’eurobond, le pays est passé d’un respectable « B +» à un « BB- ».

À cela s’ajoute l’avis négatif d’une mission d’experts du Fonds monétaire international (FMI), qui a visité récemment Tunisie. Ils ont pointé du doigt les mêmes problèmes que ceux désignés par Fitch Rating : creusement des déficits jumeaux, retard dans la mise place des réformes fiscale et d’allègement des effectifs dans la fonction publique, mauvaise situation financière des caisses de sécurité sociale etc….

La nouvelle émission n’a donc pas fait l’unanimité chez les divers investisseurs institutionnels et privés de ce marché qui ont gardé une certaine réserve. Le taux de rendement de cet eurobond a finalement été fixé à 5,75%. D’une maturité de 7 ans, il servira limiter le déficit budgétaire du pays.

Des engagements durs à tenir

le Centre de prospective et d’études sur le développement, un think tank indépendant tunisien a déclaré: «Il est devenu plus difficile pour la Tunisie, au regard des conditions de cette dernière émission, de boucler ses transactions aux montants annoncés et/ou souhaités, et surtout d’accéder à des maturités et à des niveaux de marge acceptables à même, d’une part, d’éviter des concentrations d’échéances sur le court terme et d’alléger le coût du service de la dette extérieure soumis par ailleurs à la dépréciation du taux de change du dinar ».  

« Ce constat est d’autant plus difficile que le marché financier international a constitué, au cours des trois dernières décennies, une source permanente, disponible et importante de financement. Il importe par conséquent de s’employer à initier dans les meilleurs délais les réformes structurelles requises, de s’engager fermement sur la voie de la maîtrise des grands équilibres du pays, afin de pouvoir reconstruire la notation souveraine du pays et la confiance des marchés dans le risque tunisien ».

Pour tout savoir sur la Tunisie, découvrez notre vidéo avec tous les chiffres clés à connaître :

 

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