La banque centrale marocaine autorise les opérations bancaires islamiques qui seront soumises à l'accord d'un comité spécialisé dans la charia. Il s'agit d'un évènement pour le secteur financier du royaume chérifien.
La banque centrale marocaine vient d’autoriser l’usage de cinq produits bancaires islamiques. Les activités relatives à ce type de finance dans le royaume, qui sont en plein décollage, seront soumises au consentement d’un comité spécialisé.
Depuis une trentaine d’années, il y a plus de 300 institutions financières islamiques dans le monde, réparties sur plus de 75 pays. Le total de leurs actifs dépasse 300 milliards de dollars, et augmente en moyenne de 15% par an.
Cette déclaration fait suite à la mise en place par la banque centrale d’un comité de la charia pour la finance participative, constitué d’experts islamiques, qui serviront à superviser le secteur. Le gouvernement marocain entend émettre son premier bon islamique sur son marché local durant le premier trimestre 2017.
Le mouvement vise à stimuler les activités dans ce secteur, explique Reuters qui indique que le parlement marocain doit encore approuver une loi relative à la finance islamique.
Cinq types d’opérations autorisées
Daprès une circulaire par la banque, toute opération relevant de la finance islamique devra être soumise à l’approbation de ce comité. Les types d’opérations approuvées sont la murabaha, (la vente à crédit), la musharaka (les modes de financement par participation), ou l’une des parties fournit les fonds à l’autre partie, qui s’engage dans la gestion d’une activité pouvant engendrer un certain profit.
L’ijara, qui ressemble, en beaucoup de points, au contrat de location ou « leasing » conventionnel, est également autorisé. Enfin, on tolère la salam (la vente d’un bien dont la livraison se fera dans le futur alors que son paiement se fait au comptant), et la mudaraba (l’une des parties fournit les fonds à l’autre partie qui s’engage dans la gestion d’une activité pouvant engendrer un certain profit).
La règlementation fixée par le comité s’applique aussi aux banques désireuses de gérer des dépôts et des investissements en accord avec les principes de la charia. Les banques qui ont reçu l’autorisation pour la création de filiales dédiées à la finance islamique sont Attijariwafa Bank, BMCE of Africa et la Banque Centrale Populaire.
Renouer avec la Charia
Pour rappel, cette decision intervient après une longue période de méfiance de la part royaume. Mais dans un contexte où les marchés financiers marocains connaissent une pénurie de liquidités et d’investisseurs étrangers, la finance islamique constituait une bonne alternative.
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