Au Maroc, les grands minotiers attendent impatiemment l’arrêt des subventions sur la farine
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Diane Janel
mardi 30 mai 2017 Dernière mise à jour le Mardi 30 Mai 2017 à 14:32

La suppression des subventions sur la farine tarde à se concrétiser, aux grand damne des acteurs majeurs de la minoterie, qui s’inquiètent pour la rentabilité de leurs investissements. Mais cette mesure controversée pourrait se faire au détriment des petites entreprises, parfois plus fragiles.

 

Au Maroc, les minotiers industriels trépignent. Cela fait déjà fort longtemps que le gouvernement leur promet d’arrêter les subventions sur la farine. L’ancien premier ministre Abdelilah Benkirane (Parti de la justice et du développement, islamiste) s’était engagé à abandonner le système de soutien au prix de la farine, mais cela n’a pas donné suite.

Saâdeddine El Otmani, le nouveau chef du gouvernement, avait réitéré cette promesse dans un discours prononcé fin avril. Cependant, il n’a pas tenu a préciser les mesures qui seraient prises pour appliquer cette décision sensible. En effet, l’arrêt des subventions sur la farine aurait aussi pour effet d’augmenter le prix du pain, privant ainsi les petits transformateurs de leur emploi. Explication en détail.

Une minoterie à deux vitesses

En 2014, un rapport recensait pas moins de 154 moulins , principalement situés dans les régions de Casablanca-Settat et de Fès-Meknès. La minoterie marocaine est départagée en deux camps distinct d’un côté, il y a les minoteries modernes appararues dans les année 2000. En plein cœur de la libéralisation, elle transforment 45 millions de quintaux de blé tendre par an, et utilisent très peu de farine subventionnée. De l’autre côté, les petits acteurs peinent à concurrencer ces ” géants” de la farine.

 Chakib Alj, le président de la Fédération nationale de la minoterie déclare être inquiet de la situation. Selon lui, les grands producteurs de farine qui ne reçoivent pas de subvention se sentent lésés: “ les grands minotiers marocains souffrent, . Si nous, industriels, avons entrepris dans ce secteur c’est parce que nous pensions que les subventions s’arrêteraient, car cela fait longtemps que les autorités en parlent.”

La supression des subventions: quels conséquences ?

La fin des subventions risque de menacer les petits moulins de fermeture, entraînant de ce fait des suppressions d’emplois. Interrogé à ce sujet, Chakib Alj explique qu’il y aura une contrepartie pour les petits producteurs: « L’argent économisé par la suppression des subventions va être alloué à l’accompagnement des petits moulins et du secteur en général ».

Pour rappel, ces mesures font partie des ambitions du “Plan Maroc vert” pour le secteur de la minoterie. Ce programme prévoit de booster la production et de promouvoir la transformation de ces produits. Chargée de sa mise en œuvre du projet, l’agence de développement agricole (ADA), note que l’État prévoit d’organiser le secteur de la minoterie « autour de dix à quinze groupes structurés » aptes a assurer la production locale de blé, laissant ainsi peu d’espoir aux petits acteurs.

 

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