Avec 44 postes d’ambassadeurs vacants, le Liban s'engouffre t-il vers une crise diplomatique ?
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Juli Choquet
jeudi 1 juin 2017 Dernière mise à jour le Jeudi 1 Juin 2017 à 10:34

Depuis l’imbroglio sur la loi de la réforme électorale qui déterminera le scénario politique des prochaines élections législatives, 44 postes d’envoyé diplomatique demeurent vacants. Du jamais vu dans l’histoire du pays !

Vue de la Villa Copernic, ambassade du Liban à Paris dans le 16ème arrondissement.

Le ministre Libanais des Affaires Etrangères Gebran Bassil a commencé les préparatifs de nomination sans que nul ne sache quand elles seront validées. En effet le processus complexe et long des lettres de créances (c’est à dire une acceptation officielle par le pays d’accueil du diplomate envoyé) y est pour quelque chose.

Un tiraillement politique à l’intérieur des institutions Libanaises

Au delà de l’aspect administratif, les vacances diplomatiques dépendent largement du tiraillement entre le ministère des Affaires etrangères et le président de la Chambre qui négocient actuellement une majorité de personnalité issu de leur communauté. Rapellons que le système Libanais est tributaire de nominations issus de différentes communautés religieuses afin d’assurer une représentation politique fidèle à la société. Ainsi la mosaique religieuse du pays est reconnue par la constitution ce qui complique davantage la tâche des nominations.

Le Ministère des Affaires Etrangères Libanais sous pression

Les vacances du pouvoir qui auront duré plus de deux ans n’ont pour ainsi dire rien arrangé à cela. Depuis l’arrivée de Saad Hariri en septembre 2016 et de son ministre des Affaires Etrangères Gebran Bassil, un total de huits ambassadeurs sont passés à la retraite sans être remplacés.

De plus d’ici la fin de l’année 2017 l’actuel représentant permanent du Liban aux Nation Unis Nawaf Salam prendra sa retraite sans avoir de successeur soit un poste clé supplémentaire laissé vacant, ce qui met davantage de pression sur les épaules de Gebran Bassil.

Toutefois si les postes d’ambassadeurs ne sont pas officialisés, les postes de secrétaires, de chargé d’affaires ou de conseillers au sein de la chancellerie deviennent de fait des postes hautement diplomatiques.

Des pays clés sans ambassadeurs

Parmi les pays dans lequels cette composition politique demeurent figurent notament la France, L’Italie, l’Espagne, le Vatican, la Bulgarie, l’Autriche, la Suède et les pays Baltes coté Européen.

En Amérique ce ne sont pas moins de 6 pays qui n’ont pas d’ambassadeurs dont les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

Du coté des pays mediterranéens l’Algérie et l’Egypte et avec moins de surprises la Syrie attendent toujours la mise en créance d’une personnalité diplomatique.

Une fragilisation du Liban sur la scène internationale

Le Ministère des Affaires Etrangères dispose de peu de temps pour se mettre d’accord sur l’harmonisation des différentes communautés religieuses dans sa sphère diplomatique. Sans une représentation diplomatique du Liban à l’étranger, le pays risque de se disqualifier sur la scène internationale.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Liban:

 

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