Israël-Chypre-Grèce : les nouveaux rois du bassin méditerranéen ?
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Bastien Mekhazni
vendredi 16 juin 2017 Dernière mise à jour le Vendredi 16 Juin 2017 à 13:48

Les 14 et 15 juin 2017, les chefs d’Etats israélien, grec et chypriote Benjamin Netanyahou, Alexis Tsipras et Nicos Anasatasiades se sont rendus à Thessalonique (Grèce) à l’occasion d’un partenariat stratégique entre les trois pays. Energie, Recherche & Développement et écologie ont fait l’objet de la discussion tripartite.

Les dirigeants grec et chypriote Alexis Tsipras et Nicos Anasatasiades

Après deux rencontres qui avaient déjà fait l’objet d’un renforcement des relations énergétiques et militaires, ce troisième rendez-vous entre Benjamin Netanyahou, Alexis Tsipras et Nicos Anasatasiades confirme cette volonté de rapprochement.

La coopération israélo-chyprio-grecques implique des enjeux économiques et géopolitiques sans précédents. En effet après l’Inde à l’est, Israël s’offre une ouverture d’envergure vers l’Union Européenne.

Renforcer l’intégration tripartite

Cette troisième rencontre entre les chefs d’Etats pourrait bien mener vers une nouvelle donne géopolitique en Méditerranée. A l’origine prévue pour développer les relations économiques et diplomatiques, cette rencontre tripartite fût l’occasion pour les trois homologues de renforcer leur coopération dans des domaines stratégiques.

Energie, cybernétique, écologie, recherche et développement étaient au centre des discussions entre les trois homologues accompagnés de trois ministres israéliens, Youval Steiniz (ministre de l’infrastructure nationale de l’énergie et de l’eau), Ofir Akounis (ministre de la science de la technologie et de l’espace), et Elie Cohen (ministre de l’économie). Une chance pour la Grèce et Chypre qui se tourneront vers des champions en matière de start-up et d’innovation.

Un projet « Révolutionnaire » ?

Des gisements de gaz naturels découverts dans les eaux territoriales libanaises, syriennes, chypriotes et israéliennes ont donné à Tel-Aviv l’occasion de renforcer sa position géopolitique et économique notamment en Europe.

« EastMed ». C’est le nom donné au projet de gazoduc au centre des discussions, visant à relier Israël, Chypre et la Grèce au sud de l’Europe. Ce gazoduc, opérationnel d’ici 2025, serait le plus long du monde, reliant ainsi Israël, Chypre et la Grèce… et, de ce fait, l’Europe !

Netanyahu n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a évoqué le projet dans le cadre de la coopération Israël – Chypre – Grèce. Qualifié de “révolutionnaire” selon le Premier ministre israélien, ce pipeline pourrait en effet réorganiser l’échiquier géopolitique du continent.

Alors que les relations se dégradent depuis 2013 entre la Russie, l’Europe et les Etats-Unis et que se multiplient les sanctions européennes à l’égard de Moscou, les puissances européennes, premiers importateurs de gaz naturel russe, s’inquiètent. Israël s’affiche comme une alternative potentielle pour les européens qui s’émanciperait de la dépendance russe. Ce qui justifie la viabilité et la prospérité future du projet.

De plus, ce gazoduc pourrait faire d’Israël la nouvelle porte entre le Proche-Orient et l’Europe, une position dominante qui longtemps profité à la Turquie à la frontière entre Europe et Proche-Orient.

Pour en savoir plus sur la diplomatie d’Israël, découvrez notre vidéo inédite :

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