Quel sera l’impact du nouveau crédit du FMI sur l’économie tunisienne ?
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Bastien Mekhazni
vendredi 16 juin 2017 Dernière mise à jour le Vendredi 16 Juin 2017 à 09:23

Le lundi 12 juin, l’institution internationale a accordé à Tunis une deuxième tranche de prêt de 314 millions de dollars. Dans le cadre d’un prêt de 2,8 milliards de dollars accepté en 2016 à la Tunisie, le Fond Monétaire International s’est engagé à poursuivre le financement de la restructuration économique du pays.

Ce prêt de 314 millions de dollars constitue la deuxième étape d’une série de financement engagée en mai 2016 dans le cadre de la refonte du système économique tunisien depuis 2011. En effet la Tunisie s’était vu attribuer un premier prêt de 320 millions de dollars l’année dernière. Objectif : 2,8 milliards de dollars pour redéfinir les bases de la croissance à long terme tunisienne.

En avril 2017, la Tunisie accueillait des experts afin d’évaluer l’évolution de la situation macroéconomique du pays. Le bilan positif dressé par les observateurs ont permis de donner suite au mécanisme de crédit élargie.

En Tunisie, l’heure est à l’austérité : un mal pour un bien ?

Toutefois, ces derniers n’ont pas manqué de rappeler les défis qui s’imposent à Tunis. Face à un chômage que la croissance peine à résorber, aux tensions inflationnistes, au creusement des déficits budgétaires et extérieurs, le FMI encourage le pays, depuis le début du financement, à poursuivre les réformes structurelles conseillées pour stabiliser l’économie.

En 2016, le FMI mettait en garde la Tunisie sur sa situation macro-économique : « l’activité économique est faible, le taux d’emploi est bas, les tensions sociales persistent, la composition des dépenses s’est détériorée, et les déséquilibres extérieurs sont prononcés. » L’évolution est donc positive à en croire les conclusions dressées en avril 2017. Mais les défis économiques demeurent encore à l’ordre du jour.

Pour les relever, la Tunisie est amenée à maintenir un taux d’intérêt directeur à un niveau suffisamment élevé (environ 5%) pour endiguer l’inflation avec notamment pour conséquence une augmentation du coût des crédits et la contraction de l’investissement.

Le pays devra faire face à la baisse du cours du dinar tunisien (provoquant l’inflation importée dans les secteur alimentaires, automobiles et des services) engagée depuis quelques mois d’autant plus que le FMI préconisera sans aucun doute un renforcement de la libéralisation du dinar afin d’améliorer l’ajustement inflationniste.

Concernant la politique budgétaire du pays, « les services du FMI conviennent avec les autorités qu’une baisse du déficit budgétaire structurel représentant 2,2 % du PIB d’ici à 2019 contribuerait à stabiliser à court terme le ratio dette/PIB et le ramener à moins de 50 % d’ici 2020 ». Fin 2016, le déficit budgétaire s’élevait à 63% du PIB.

Accompagner la transition politique à travers la réforme économique

C’est la réponse du FMI pour justifier les mesures d’austérité que l’institution attend de la Tunisie. Car derrière cette politique peu accommodante, la Tunisie espère dégager suffisamment de recettes et de stabilité pour être en mesure de rembourser ce prêt et financer les reformes structurelles censées remodeler en profondeur l’économie tunisienne vers une économie de marché alignée sur celle des pays occidentaux, condition sine qua non pour dessiner une croissance pérenne.

Parmi les réformes envisagées, le FMI préconise une modernisation des administrations publiques afin d’améliorer le service public (notamment dans la lutte anti-corruption) et juguler l’augmentation de la masse salariale.

Un point d’honneur est également mis sur une réforme du système financier à travers un renforcement de l’intermédiation financière. L’institution espère ainsi voir la concurrence augmenter et attend de cette pression concurrentielle une meilleure allocation du capital et un accès facilité au crédit.

Sur les marchés tunisiens des biens et services, la Tunisie est conduite à réduire au maximum les barrières à l’entrée par l’allégement de la fiscalité et des rigidités administratives.

Face à cela se posent des enjeux de long terme. Cette libéralisation, telle qu’elle est entamée en Egypte (là aussi sous l’impulsion du FMI), devra s’accompagner d’un renforcement de la vigilance, notamment par la redéfinition du rôle de la Banque Centrale de Tunisie, face aux risques financiers inhérents à l’économie de marché.

Il s’agirait d’éviter l’expérience rencontrée par de nombreux pays en difficultés. Pays pour lesquels la transition économique s’est accompagnée de dangereuses crises financières comme au Mexique, en Argentine ou encore dans les pays d’Asie du Sud Est dans les années 1990.

Pour en savoir plus sur l’économie de la Tunisie, découvrez nos vidéos exclusives :

 

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