Le Liban votera pour ses députés en 2018 avec un nouveau système électoral
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Karl Demyttenaere
mercredi 21 juin 2017 Dernière mise à jour le Mercredi 21 Juin 2017 à 10:56

Après de longues négociations entre plusieurs formations politiques, le Parlement libanais a adopté le 16 juin un nouveau texte de loi électorale. Les électeurs pourront se rendre aux urnes selon le nouveau dispositif prévoyant la proportionnelle mais seulement en mai de l’année prochaine.

Les tractations ont été difficiles mais les principales formations politiques libanaises sont parvenues à un accord concernant le nouveau texte de loi électorale. Pour preuve, il a été voté le 16 juin à l’unanimité des 115 députés présents au Parlement.

Ce nouveau dispositif prévoit la mise en place d’un scrutin se basant sur la proportionnelle avec 15 circonscriptions. Alors qu’il suffisait auparavant à un candidat d’obtenir 50% des voix plus une pour remporter l’ensemble des sièges avec sa liste, à présent la répartition se veut plus équitable.

Ainsi, le nouveau mode de scrutin prévoit qu’en plus de voter pour une liste, les électeurs doivent formuler un « vote préférentiel » pour l’un des candidats de cette liste, au niveau du district. Ce dispositif devrait limiter le phénomène de « raz-de-marée » électoral de partis politiques dénoncé par certains observateurs.

A noter que grâce à cette proportionnelle, quelques « outsiders » pourraient faire leur entrer dans la Chambre des députés alors que les 128 sièges sont répartis à parités entre musulmans et chrétiens.

La fin du statu quo

Longtemps bloquées, les négociations entre les grands partis libanais ont finalement débouché sur un accord. L’insistance du chef de l’État, Michel Aoun, a été un moteur pour faire avancer ces tractations. En effet, il avait placé l’adoption d’une nouvelle loi en tête des priorités de son mandat.

L’évolution de la position du Premier ministre Premier ministre et chef du courant du Futur Saad Hariri a été également déterminante. En effet, ce dernier a longtemps défendu le précédent mode de scrutin. Cependant, en maintenant cette loi, les élections auraient été vraisemblablement organisées en septembre prochain, laissant peu de temps pour les planifier. Cet argument aurait contribué en partie au changement de position de Saad Hariri.

Autre facteur de déblocage qu’il convient de noter, la rencontre nocturne prolongée quelques jours avant le vote entre deux personnalités incontournables le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et Gebran Bassil, ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (mouvement politique libanais fondé en 1992 par le général Michel Aoun).

Des blocages subsistent

Avec la mise en place de ce nouveau mode de scrutin, les élections législatives ont été reportées à mai 2018. Une décision qui passe mal auprès de certains organismes de défense de la démocratie, mettant en avant l’absence d’élections législatives depuis 8 ans au Liban.

Autre problème soulevé par les ONG, l’absence dans cette nouvelle loi électorale d’un quota de femmes députées. A l’heure actuelle, le Liban en dénombre 4 (dans une chambre de 128 représentants), ce qui classe le pays à la 180e place sur 186 dans le monde au niveau de la présence féminine au Parlement.

Autre déception, le seuil de l’âge des électeurs maintenu à 21 ans et non abaissé à 18 ans comme demandé par certaines associations.

Soutien de l’Union européenne

L’annonce de cet accord autour d’une nouvelle loi électorale a été saluée par les diplomates arabes et occidentaux présents au Liban. Christina Lassen, chef de la Commission de l’Union européenne au Liban, a déclaré que l’Europe tient à aider techniquement le pays afin de lui permettre d’organiser ces élections l’année prochaine.

Durant une visite au Liban, Nicholas Westcott, directeur exécutif responsable de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au sein de l’Union européenne : « Nous sommes prêts à assurer l’assistance technique et logistique nécessaire au ministère de l’Intérieur afin de l’aider à se préparer aux élections législatives ». 

Les électeurs libanais se déplaceront le 6 mai 2018.

Pour en savoir plus sur le Liban, découvrez nos vidéos inédites :

 

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