Transition économique en Algérie : mythe ou réalité ? (3/3)
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Ecomnews Med Redaction
mercredi 21 juin 2017 Dernière mise à jour le Mercredi 21 Juin 2017 à 16:21

Troisième et dernière partie de notre reportage sur les mesures du plan d'action du gouvernement Algérien que la rédaction d'Ecomnews Med s'est procuré. Comment l’Algérie compte-elle gérer sa transition économique ? Quelles seront les politiques mises en œuvre ? Dans un contexte d’épuisement des réserves monétaires algériennes, comment le gouvernement compte-t-il financer ce programme ?

A l’occasion de la publication du « plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du président de la République », EcomnewsMed s’est penché sur les grandes lignes et les enjeux économiques que soulèvent les politiques mentionnées dans le document que nous nous sommes procurés.

Nous vous dévoilons en exclusivité la troisième et dernière partie consacrée à une analyse du financement dans cette transformation économique majeure.

Partie III : La question du financement

Une chose est sûre : l’Algérie n’a pas le choix. Et pour cause, même si le prix des hydrocarbures augmente, il y a de grandes chances pour que la Sonatrach, responsable de 60% des recettes de l’Etat, n’ait plus rien à exporter d’ici 2025. Dans ce contexte, le gouvernement sera-t-il en mesure de financer ce remaniement ? 

Le FFR en voie de disparition

Le Fonds de Régulation des Recettes (FRR) s’émiette. Créé en 1999 pour constituer, grâce à la rente pétrolière, une épargne nécessaire à la réduction de la dette publique et du déficit, le FRR montre aujourd’hui ses limites : fin 2016, l’épargne s’élevait à 1797 milliards USD, alors que le déficit public s’élevait à 2452 milliards USD.

Vers quelle source de financement se tourner ? La question du prélèvement des impôts sur les particuliers ou les entreprises (developpé dans la deuxième partie de notre analyse) semble au coeur du débat pour équilibrer le budget.

L’endettement intérieur : seule issue ?

Dans un rapport du FMI datant de mai 2016 sur l’état de l’économie algérienne, l’institution s’alarmait de l’épuisement de l’épargne budgétaire du FRR et préconisait l’augmentation de l’endettement intérieur à travers l’émission obligataire. Une telle politique avait été mise en œuvre en 2016 où l’émission d’obligation avait permis à l’Etat de mobiliser 5 milliards USD.

Mais le FMI recommande également le recours à l’endettement extérieur pour « atténuer les effets d’éviction des emprunts intérieurs et réduire les tensions sur les réserves internationales ». En effet, de telles réformes peuvent s’avérer beaucoup trop onéreuse pour être financée par la seule épargne nationale, notamment dans un contexte de crise. Problème : le pays privilégie la souveraineté économique au financement extérieur.

Pour A. Bouteflika, pas question de recourir à l’endettement extérieur qui pourrait entrainer des sorties de devises préjudiciables aux réserves du pays. Pour le gouvernement algérien l’heure est à la protection des devises nationales et à la réduction des importations. 

L’Algérie: des défis immenses

Les défis qui s’imposent à l’économie algérienne ne sont pas des moindres. La transition économique est impérative pour le pays mais ne se fera pas aisément. Beaucoup de variables sont à prendre en compte pour la mener à bien : le rôle de l’Etat et des décideurs politiques de demain, la marge de progression des entreprises du pays dans l’import export ou encore la question du calcul et de la collecte de l’impôts dans l’équilibrage budgétaire du pays.

Quoique le pays placera sur l’avenir, le gradiant des politique se fera au prix de sacrifices autant pour les pouvoirs publics que pour la population algérienne dans cette transformation économique majeure.

Vous souhaitez lire la 1ère et la 2ème partie de notre analyse, c’est par ici :

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Algérie :

 

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