En Tunisie, la régulation du secteur audiovisuel n'est pas respectée
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Diane Janel
lundi 7 août 2017 Dernière mise à jour le Lundi 7 Août 2017 à 08:46

En Tunisie, les 13 chaînes de la télévision privées se livrent une guerre sans merci pour récupérer un maximum d’audimat. Cependant, beaucoup d’entres elles ne respectent pas les lois de 2013 visant à moraliser la sphère audiovisuelle.

 

Au cours du mois de Ramadan, onze chaînes de télévision privées parmis les treize disponibles se sont livrées une guerre sans merci afin d’obtenir le maximum d’audiance durant cette période décisive. Avec pour volonté de se tailler la part du lion dans les 28 millions d’euros que représentent les recettes audiovisuelles durant ce mois-ci.

La Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) a laissé exister un nombre trop important de chaînes, raison pour laquelle les revenus publicitaires ne suffisent pas à les faire survivre.

La frénésie du mois du ramadan

L‘impitoyable course à l’audimat qui a eu lieu durant le mois du ramadan s’explique par le fait que, à lui seul, le mois saint génère approximaivement la moitié des 51 millions d’euros captés annuellement auprès des annonceurs.

Cette frénésie est symptomatique d’un secteur en mauvais état : toutes les télés privées connaissent des difficultés financières. Les chaînes, trop nombreuses, sont obligées de produire des séries controversées pour tenir le spectateur en haleine, comme c’est le cas pour le feuilleton Awled Moufida, diffusé sur El Hiwar Ettounsi. 

Les scandales politiques

Les scandales politiques ont egalement émaillé la crédibilité de la sphère audiovisuelle. C’est notamment le cas de Samir el-Wafi, qui avait été condamné à trois mois de prison ferme en avril 2015 pour avoir tenté d’extorquer de l’argent à Hamadi Touil, un homme d’affaires lié à l’ancien régime et réfugié en France.

Il lui avait promis une émission pour le blanchir ainsi que l’utilisation de ses relations pour intervenir auprès des juges et de certains hommes politiques.

 Thameur Mekki, journaliste et observateur des médias, explique à ” Jeune Afrique” : « L’absence de régulation entre 2011 et 2013 a instauré une loi de la jungle qui a permis, avec une instrumentalisation politique et des financements opaques, l’existence d’acteurs circonstanciels, comme les chaînes TNN, Al Qalam TV ou Al Moutawassat ».

L’échec de l’Haica

La loi de 2014 sur le financement des partis politiques, interdit à un patron de média d’être adhérent d’un parti. Cependant, les chaînes semblent se moquer de cette mesure: en mars 2017, Borhane Bsaies, journaliste vedette d’Attessia TV, a été nommé au poste de chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes, le parti politique tunisien créé par Béji Caïd Essebsi.

Ont remarque aussi que les sanctions de l’Haica restent sans effet sur les grandes chaînes, qui préfèrent s’en prendre aux agences de médiamétrie plutôt que de reconcidérer le contenu de leur programme.

L’Haica, initialement créée pour réguler les comportements inappropriés et exiger l’indépendance des médias, n’est pas parvenue à ses fins.

« Les instances sous le contrôle de l’Assemblée des représentants des peuples (ARP), qui pourra user comme bon lui semble de son droit de révocation des membres. La loi ne permet de réguler qu’a minima le contenu des programmes et, surtout, occulte d’autres aspects importants comme le financement. On revient à une zone de non-droit qui primait avant 2011 », conclut  Thameur Mekki.

 

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