Nouvelles taxes sur l’alcool au Liban : quelles sont les conséquences pour l’UE ?
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Diane Janel
lundi 7 août 2017 Dernière mise à jour le Lundi 7 Août 2017 à 14:50

Afin d’augmenter les salaires de la fonction publique, le Liban prévoit de modifier les taxes des alcools importés. Or, 80 % de l’alcool importé provenait de l’Union européenne (UE), en vertu de l’accord de libre-échange qui a été instauré en 2003.

 

Le 19 juillet, les députés ont approuvé une disposition qui modifie les taxes appliquées aux alcools importés. Pour rappel, en vertu de l’accord de libre-échange signé en 2003, 80 % des spiritueux provenaient de l’Union européenne. En revanche, l’accord interdisait l’introduction de nouvelles taxes.

Le changement des taxes

Selon des informations de la douane, les importations d’alcool ont atteint au total près de 80 millions de dollars l’année dernière (pour 26 000 tonnes de produits). La mesure votée par le Parlement sera exécutoire après le 18 août, a moins que le président Michel Aoun décide de renvoyer le texte au Parlement pour un second examen.

Actuellement, le litre de bière importé est taxé au Liban à hauteur de 0,04 dollar le litre de spiritueux de 0,27 dollar et le litre de vin ou de champagne à hauteur de 0,13 dollar. Les droits d’accises sont donc modulés en fonction des quantités de chaque produit, et non leur valeur.

Avec cette loi, ces droits vont être remplacées par une taxe sur le prix de vente des boissons, indépendamment du volume : 15 % pour la bière, 25 % pour les spiritueux et 35 % pour les vins et le champagne. 

Quelles conséquences pour l’Union Européenne ?

Ainsi, c’est à  l’importateur que reviendra la tâche de payer cette taxe, ainsi que les droits de douane en vigueur, et la TVA. Cette nouvelle mesure va également augmenter le montant des taxes sur les alcools importés, au grand dam des vendeurs qui devront par exemple payer une taxe totale de 87,5 dollars au lieu de 3,2 pour obtenir 12 bouteilles d’un litre de whisky. A leur tour, ils seront obligés de vendre leurs bouteilles plus cher, et les consommateurs en patieront. 

Pourtant, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Liban stipule que :  « Aucun nouveau droit de douane à l’importation ou à l’exportation ni taxe d’effet équivalent ne sont introduits dans les relations commerciales entre la Communauté et le Liban, et ceux qui sont déjà appliqués ne seront pas augmentés. »

En 2016, le Liban a exporté 334 millions de dollars de produits vers l’UE, qui lui en a vendu en échange plus de vingt fois plus (7,5 milliards de dollars), selon les chiffres des douanes.

Donc, même si le Liban pourrait en tirer un certain profit économique, l’importateur d’alcool Ziad Karam estime que  « Les six ou sept millions de dollars que l’État tirerait de cette taxe ne valent pas les problèmes qu’ils causeraient avec l’UE et pour le secteur du tourisme libanais ». Selon lui, il aurait été plus efficace de taxer les boissons en fonction de leur teneur en alcool.

 

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