La production du moringa peine à se lancer en Tunisie
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Ecomnews Med Redaction
jeudi 14 septembre 2017 Dernière mise à jour le Jeudi 14 Septembre 2017 à 07:01

Saraha Toumi, une jeune entreprise franco-tunisienne, peine à mettre sur pieds son projet de coopérative dédiée au moringa, mais ne compte pas baisser les bras pour autant !

Le moringa : la plante de tous les espoirs

Le moringa est un arbre à la croissance rapide originaire du sous-continent indien auquel on attribue de nombreuses vertus. En quelques années, il s’est mué en véritable moyen de lutte contre la pauvreté, la désertification et la malnutrition dans de nombreux pays africains comme le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun ou encore le Ghana où ses feuilles sont utilisées comme plantes médicinales ou transformées en aliments. Ses graines entrent notamment dans la fabrication de produits de beauté. En Tunisie, cette plante suscite engouement et spéculation. Reportage…

La spéculation bat son plein autour du moringa

Sarah Toumi, une jeune entrepreneuse franco-tunisienne, a introduit le moringa dans son pays d’origine après la révolution de 2011 avec l’ambition de favoriser l’autonomie économique d’un groupe de femmes rurales.

Sarah a mis sur pied une coopérative spécialisée dans la culture de cet arbre en dépit d’un certain immobilisme des autorités. Son projet lui a valu de figurer dans le top 30 des entrepreneurs sociaux de moins de 30 ans réalisé par le magazine américain Forbes, puis de rejoindre le conseil présidentiel pour l’Afrique d’Emmanuel Macron.

Lancé en 2012 grâce notamment à de nombreux prix et bourses internationales dans le village de Bir Salah situé à 200 km au sud de Tunis, ce projet ambitieux est pratiquement en stand-by aujourd’hui à cause de la spéculation autour du moringa. « Certains croient que le moringa se vend entre 200 et 300 dinars le kilo (69 à 103 euros) de feuilles réduites en poudre », explique l’entrepreneuse. Or, le cours mondial du moringa est à 6,25 dollars le kilo (5,30 euros).

Sarah Toumi semble très optimise, puisqu’elle table sur un prix de vente en Tunisie de 120 dinars le kilo, soit plus de 41 euros, en imputant ce prix plutôt élevé aux taxes d’importation qui rendent certaines tisanes très chères du côté de Tunis.

Une production de 20 tonnes en 2017

Ce problème des prix a porté un sérieux coup aux projets de l’entrepreneuse sociale, mais il n’y a pas que cela ! En effet, « les trois quarts des gens à qui nous avions donné des graines se sont volatilisés », déplore-t-elle. Ce contretemps a empêché la coopérative d’atteindre un niveau de production industriel.

Mais cela ne semble pas décourager Sarah Toumi qui tente désormais de convaincre les femmes bénéficiaires de signer un contrat d’engagement réciproque. Elle table cette année sur une production de 20 tonnes grâce notamment à des partenariats avec de gros distributeurs comme Carrefour et Monoprix, ou encore des pharmacies et parapharmacies tunisoises.

Elle nourrit l’ambition de planter un million d’arbres en Tunisie à l’horizon 2019, toutes essences confondues, notamment dans le sud du pays très exposé à la désertification et à l’érosion des sols. A suivre donc…

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Tunisie :

 

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