Les tunisiens partiront à 65 ans à la retraite à l'horizon 2020
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Ecomnews Med Redaction
mercredi 4 octobre 2017 Dernière mise à jour le Mercredi 4 Octobre 2017 à 16:34

Le projet de réforme des caisses sociales dévoilé par Mohamed Trabelsi le ministre tunisien des affaires sociales risque de faire grincer des dents. En effet les fonctionnaires tunisiens devront travailler plus longtemps, et se préparer à gagner moins.

C’est du moins la recette qu’a trouvée le gouvernement tunisien pour renflouer des caisses sociales vides. La réforme présentée par le ministre des affaires sociales prévoit des coupes considérables dans les rentes des futures retraites. Quelques mesures retiennent l’attention, et notamment l’âge de départ à la retraite.

Un premier round déjà compliqué

Actuellement l’âge de départ à la retraite est de 60 ans, et peut être repoussé à 62 ans pour les fonctionnaires qui le souhaitent. Une situation qui devrait changer “si on choisit de reculer l’âge de la retraite à 65 ans, nous devrions gagner environ 4000 millions de dinars” (c’est à dire 1,4 milliard d’euros) vantait déjà l’ex-ministre des affaires sociales dans un entretien accordé au journal arabophone “Le Maghreb” l’an dernier.

Le gouvernement tunisien ne compte pas s’en tenir à cette seule mesure “la hausse de l’âge est une mesure salutaire, mais pas suffisante” embrayait le ministre lors d’un premier round de négociation.

…Et un second round carrément tendu !

La réforme présentée par Mohamed Trabelsi prévoit également, une taxe de 1% du revenu annuel de tous les salariés au titre du renflouement des caisses, la modification du décompte du taux de la rente pour le faire plafonner à 80% du salaire. Enfin, entre autres mesures, l’une des plus décriée est celle du décompte du salaire qui servira de base à la future retraite.

Aujourd’hui, la rente est indexée sur le salaire des deux dernières années (généralement le plus haut durant une carrière) en comptant 5% du taux d’inflation. Le texte prévoit lui de calculer la future rente sur le salaire des cinq dernières années, sans tenir compte de l’inflation. Les experts estiment ainsi que les retraites baisseront de 20% pour une durée de travail majoré de 5 ans.

En cause : l’amnistie générale de 2011

Une situation vivement critiqué déjà l’an dernier par l’UGTT principal syndicat de Tunisie, qui avait ouvertement dénoncé “un dérapage” du ministre des affaires sociales. Côté politique, la députée Laïla Chettaoui a écrit au ministre des Finances en demandant des comptes sur les sommes versées au titre de dédommagement de l’amnistie générale de 2011. Pour rappel, des milliers de personnes s’étaient vus accorder une retraite à taux plein, avec l’ensemble des majorations possibles dans le cadre du “réparation plan carrière” et cela sans avoir un millime à la caisse nationale de retraite.

Pas sûr en tout cas que la grogne des syndicats, et des salariés ne fassent reculer le gouvernement… Le deuxième round de négociation n’est pas sur le point de se finir.

Sami Bouzid.

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